Veillée d’hommage aux manifestants tués lors du rassemblement contre le président Nicolas Maduro, à Caracas, le 2 mai. MARTIN MEJIA / AP

Le Monde avec AFP, publié le 03 mai 2019

Deux jeunes Vénézuéliens blessés dans les heurts lors des manifestations contre Nicolas Maduro, mardi 30 avril et mercredi 1er mai, sont morts jeudi, portant à quatre le nombre des personnes tuées dans ces échauffourées qui les ont opposés aux forces de l’ordre, a-t-on appris auprès de l’opposition et des familles.

Yosner Graterol, 16 ans, a été blessé mardi dans une manifestation organisée dans la ville de La Victoria (Nord), et Yoifre Hernandez, 14 ans, a été touché en marge du rassemblement contre le président vénézuélien Nicolas Maduro à Caracas mercredi, ont annoncé deux députés de l’opposition.

Selon l’Observatoire vénézuélien du conflit social, ces quatre décès portent à 57 le nombre de personnes mortes lors de manifestations anti-Maduro depuis le début de l’année ; elles ont aussi fait 239 blessés.

Malgré l’échec de la manifestation de mercredi – censée être, selon le président par intérim autoproclamé Juan Guaido, le point final de l’opération « Liberté » qui devait le mener au palais présidentiel de Miraflores – ce dernier avait appelé dans la soirée à maintenir la pression dans la rue et à réaliser des « grèves par secteurs » jusqu’à « arriver à la grève générale ». Mais, jeudi, la tension était retombée, les rues de Caracas étaient calmes et « l’offensive finale » avait, semble-t-il, fait long feu.

Tard jeudi soir, Juan Guaido a tout de même lancé un appel à manifester « en paix » samedi devant les bases militaires du pays pour demander à l’armée de cesser son soutien au président Maduro.

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Leopoldo Lopez réfugié dans l’ambassade d’Espagne
Nicolas Maduro, en revanche, a rassemblé, jeudi matin, quelque 4 500 soldats dans la cour du fort Tiuna, la principale caserne du Venezuela, pour une cérémonie radiotélévisée destinée à montrer qu’il tient encore le gros de l’armée, pilier du pouvoir. « Oui, nous sommes en plein combat, le moral doit être au maximum dans cette lutte pour désarmer tous les traîtres, tous les putschistes », a asséné le chef de l’Etat.

La justice vénézuélienne a d’ailleurs ordonné, jeudi, l’arrestation de l’opposant Leopoldo Lopez. Il était apparu mardi aux côtés de M. Guaido, en compagnie de quelques soldats insurgés, avant de se réfugier peu après dans l’ambassade du Chili, puis dans celle d’Espagne, au moment où la tentative de soulèvement tournait court. Le gouvernement espagnol a aussitôt annoncé qu’il ne livrerait « en aucun cas » l’opposant.

Dans des déclarations effectuées dans la résidence de l’ambassadeur d’Espagne, M. Lopez a affirmé que la tentative de soulèvement « fait partie d’un processus, c’est une brèche qui va se transformer en brèche plus grande et qui va finir par rompre le barrage ».

« La chute a commencé » pour le régime vénézuélien et « c’est un processus irréversible », a-t-il ajouté, assurant qu’il y allait « y avoir davantage de mouvement dans le secteur militaire ».

Chasse aux « traîtres »
« Loyauté toujours, trahison jamais ! », a lancé le président vénézuélien, flanqué de son ministre de la défense, le général Vladimir Padrino, et de plusieurs hauts gradés, reprenant un slogan scandé dans toutes les réunions et manifestations du pouvoir.