Ursula von der Leyen et Christine Lagarde, deux femmes désignées aux postes clés de l’UE, mardi 2 juillet 2019. Odd Andersen et Mohd Rasfan, AFP
Texte par : FRANCE 24 Première publication : 02/07/2019 – 19:32 Dernière modification : 02/07/2019 – 22:28

Après des négociations difficiles, les dirigeants européens ont trouvé un accord sur les postes clés de l’Union européenne. La ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen, prendra la présidence de la Commission européenne.

Un accord de dernière minute a été trouvé entre les dirigeants européens, mardi 2 juillet, sur l’attribution des postes clés de l’Union européenne. Deux femmes, deux hommes, originaires pour trois d’entre eux de pays fondateurs de l’UE, ont été choisis à l’issue d’un sommet européen à Bruxelles marqué par de profondes divisions.

Ursula von der Leyen à la présidence de la Commission

Soixante ans, mère de sept enfants, cette proche de la chancelière Angela Merkel fut un temps désignée comme sa dauphine potentielle. Ursula von der Leyen est francophile, appréciée par Paris, notamment en raison d’une bonne coopération sur les questions de défense franco-allemande. Son bilan au ministère de la Défense, qu’elle occupe depuis près de six ans, est néanmoins controversé.

Mais sa candidature, qui devra être validée au Parlement européen, rencontre l’hostilité du groupe socialiste. »Cette proposition nous déçoit beaucoup », a déclaré la présidente du groupe socialiste, l’Espagnole Iratxe Garcia.

La Commission européenne, organe exécutif de l’UE, détient le quasi-monopole de l’initiative législative. Elle doit ensuite veiller à la bonne application des textes et au respect des traités. Elle a sous sa direction un collège composé de 27 commissaires (ils ne seront plus que 26 après le départ du Royaume-Uni de l’UE), un par État membre en plus du président. Ce collège couvre les champs de compétence de l’UE, des affaires économiques à la justice en passant par la concurrence, l’agriculture, l’énergie ou le numérique.

Le mandat de la présidente est de cinq ans, renouvelable une fois

Christine Lagarde à la BCE

La Française, 63 ans, avocate de formation est devenue banquière. Celle qui parle anglais à la perfection a déjà brisé des plafonds de verre. Première femme ministre des Finances en France, première femme à diriger le FMI, première femme à diriger une grande firme américaine d’avocats.

La présidente de la Banque centrale européenne occupera un mandat unique de huit ans, pendant lequel elle va élaborer et mettre en oeuvre la politique monétaire de l’UE, en particulier les conditions de crédit qui touchent un grand nombre des 340 millions de citoyens de l’UE.

Sa présidence s’exerce tant sur le directoire de six membres de l’institut monétaire que sur le conseil des gouverneurs, élargi aux dix-neufs gouverneurs de banques centrales nationales de la zone euro. La voix de la présidente est prépondérante au moment de décider de la montée ou la baisse des taux d’intérêt et sur d’autres outils de soutien à l’économie.

En dehors des murs de la BCE à Francfort, la présidente rend compte tous les trimestres devant le Parlement européen et prononce des discours scrutés de très près par les marchés, où de simples mots peuvent peser très lourd. Comme en juillet 2012 à Londres, lorsque le président de la BCE, Mario Draghi, a pu sauver l’euro d’un simple « quoi qu’il en coûte » entré dans l’Histoire.

Charles Michel, à la présidence du Conseil

L’actuel Premier ministre belge, 43 ans, est un libéral francophone. Après une arrivée précoce en politique dans l’ombre de son père, l’ex-commissaire européen Louis Michel, il a rapidement gravi les échelons. Bon néerlandophone, il a accepté il y a cinq ans de gouverner en coalition avec la N-VA (nationalistes flamands) un parti qui prône dans ses statuts l’indépendance de la Flandre.

Le Conseil européen est le cénacle des chefs d’État et de gouvernement de l’UE chargé de définir les orientations de l’Union et de lui donner l’impulsion politique. Le poste de président permanent existe seulement depuis 2009 : il est avant tout chargé de trouver un consensus entre les États. Chef d’orchestre des sommets européens (qui réunissent les dirigeants généralement à Bruxelles), il coordonne et préside les travaux. Il représente l’UE à l’étranger avec le président de la Commission.

Son mandat est de deux ans et demi, renouvelable une fois.

Josep Borrell, Haut représentant aux Affaires étrangères

Le socialiste espagnol, 72 ans, est un Catalan fermement anti-indépendantiste. Peu adepte de la langue de bois, Josep Borrell a été très actif ces derniers mois sur le dossier vénézuélien et s’est montré régulièrement critique de l’administration Trump.

Le poste de « Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité » a été créé il y a dix ans. Il a pour rôle de coordonner la politique extérieure et de défense de l’UE, une tâche délicate face aux États membres.

Le Haut représentant est à la fois membre de la Commission européenne, dont il est vice-président, et du Conseil puisqu’il préside les réunions des ministres des Affaires étrangères et assiste aux sommets des chefs d’État ou de gouvernement.

Son titulaire est nommé pour cinq ans.

Avec AFP