On l’appelle tantôt Tabitha, tantôt Elisabeth, tantôt Blessing et tantôt Tanya. Mais sur les réseaux sociaux, dans la communauté centrafricaine, cette jeune femme est connue sous le sobriquet de « Général de paix », de son vrai nom Tanya Elisabeth FRANCK VALAGA NDEDE.
Elle est la réalisatrice et l’animatrice de l’émission « Et si on parlait » sur le réseau social Facebook depuis une année pile poil. Joyeux anniversaire donc à ET SI ON PARLAIT.
Elle est dotée d’une force de caractère et gère fermement les différents débats en live sur la toile, sans passion ni prise de position. Elle donne à tout un chacun le micro et permet à chaque invité d’exprimer son point de vue sur la question du jour. On l’aime ou on ne l’aime pas, comme la majorité des animateurs, et ce n’est pas son affaire. Malgré qu’elle ait pu être attaquée personnellement, cause d’incompréhension, elle avance tout simplement, dans son émission, la tête bien haute et droite dans ses bottes.
Mbi la gué s’est entretenu avec le Général de paix à l’occasion du premier anniversaire de cette émission qui s’assoit « tranquillement tranquille » parmi les siens.

Pourquoi cette émission « Et si on parlait »
Cette émission m’est venue à l’esprit tout simplement parce que je me suis dite qu’il y avait beaucoup de choses à dire sur la société et notamment chez nous en Centrafrique, d’où la nécessité de parler entre nous et de dire les choses, telles que nous les ressentons. C’est de là que vient le nom « ET SI ON PARLAIT ». Parler est nécessaire et entendre ce que l’autre a à dire est important. Tout le monde ne connait pas tout. Entendre un autre son de cloche est primordial pour faire avancer n’importe quel débat et faire le contour de la question. Parler c’est important.

Comment choisissez-vous votre thématique du jour ?
La plus part du temps, je choisis mes thèmes en fonction de l’actualité du monde occasionnellement et celle de la République Centrafricaine en général. Tout va très vite et chez nous comme nous sommes dans une période de construction avec de multiples chantiers, les thématiques sont diverses et j’essaye vraiment de toute les prendre en compte. Parfois aussi, je les choisis en fonction des maux dont souffre la société.

« Parler est nécessaire et entendre ce que l’autre a à dire est important »

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?
Oh, ce qui est vraiment difficile, je vais vous le dire : parfois les invités se désistent à la dernière minute et parfois je rencontre des soucis techniques. Ça c’est le plus difficile Mais parfois aussi le manque de compréhension pousse les personnes à s’en prendre à ma personne, allant jusqu’à m’insulter, me calomnier, me salir, m’humilier et une fois bafouer la mémoire de mes parents et proches décédés. Là c’était vraiment difficile. Mais j’ai fait avec, j’ai continué. C’est pour cela que l’on doit se parler et continuer à se parler. Nous pouvons avoir des points de vue différents, même divergents mais nous restons tous des personnes ayant en partage un bien commun, la République Centrafricaine. Et cela devrait être le plus important. Nous devons pouvoir nous parler sans arriver à avoir les débats de personnes mais rester concentrés sur notre thème. L’on va y arriver.

Qu’est-ce que vous aimez dans l’animation de votre émission
Ce que j’aime par-dessus-tout c’est l’échange avec les invités, apprendre des choses par eux, et lorsqu’il y a des débats pertinents. Ah ! Cela me booste et m’encourage, nous nous instruisons mutuellement. C’est un bel exercice, un beau partage.

Parlez-nous un peu de la communauté à laquelle vous appartenez. Qu’est-ce qui marche et qu’est ce qui ne marche pas ?
La communauté Centrafricaine est très vaste et complexe. Ce que je déplore, ce qui la tue à petit feu c’est le manque de solidarité, le manque de valorisation de notre culture et des actions que posent nos frères et sœurs centrafricains, je dirai ici l’unité. Nous méprisons les nôtres et nous préférons valoriser les étrangers, soutenir leurs actions, partager leurs directs, nous abonner à leur page, leur donner une grande visibilité, au détriment des nôtres que nous rejetons et détruisons. C’est déplorable, c’est notre réalité. Aussi, nous ne savons pas nous pardonner et aller de l’avant avec l’autre.

« Ce que j’aime par-dessus-tout c’est l’échange avec les invités »

« C’est un bel exercice, un beau partage »

 

Que pensez-vous de la Femme Africaine en générale et de la Femme Centrafricaine en particulier ? Comment les décririez-vous ?
La femme africaine est la clé de la vie, elle représente l’image du continent, la douceur, la sagesse, l’espoir, l’avenir d’une nation, l’avenir du continent. Elle est battante et courageuse. Je rajouterai pour la femme centrafricaine, la force, le pouvoir de supporter l’insupportable, la capacité d’encaisser, à renaître de ses cendres. Elle se bat pour les siens au prix de sa vie, elle défend avec fierté sa maison. Elle est l’étoile de la RCA. La résilience est sa caractéristique principale.                                                                                                                                                                      
Et la politique en Centrafrique, qu’en diriez-vous ?
Oulala ! La politique en Centrafrique, c’est comme le yo-yo ça va et ça vient. Le jour où nous comprendrons ce que c’est que faire véritablement la politique, nous aurons tout gagné. Mais il y a du chemin encore. Beaucoup de manipulations et de coups bas. Un peu trop.

Où allez-vous, quels sont vos projets ?
Je vais de l’avant vers un Centrafrique meilleur. Je souhaiterais construire un orphelinat pour nos enfants qui sont sans avenir. Créer ma fondation pour les femmes, cela est aussi dans mon coeur. Faire de « ET SI ON PARLAIT » une émission, une chaîne télévisée est l’un de mes projets.

Un dernier mot, un message ?
Merci à votre émission Mbi la gué d’avoir pensé à moi, j’en suis très honorée. Merci au public qui me suit, merci à ma team toujours fidèle, merci aux invités, merci aux autorités centrafricaines pour leur disponibilité en ce qui concerne mon émission et ma personne, merci aux hommes et femmes politiques de mon pays, merci aux leaders qui m’ont fait et continuent de me faire confiance. Merci à ma famille biologique pour le soutient sans relâche et à ma famille des réseaux sociaux pour leur affection. Merci à ma famille chrétienne pour leurs prières. Merci à mes enfants pour leur patience, soutient, et encouragements, ainsi que leurs conseils. Merci à tous mes frères musulmans pour leur soutient merci à tous pour les dons et promesses de dons. Merci à tous les Africains qui me suivent.
Que Dieu bénisse la RCA et nous donne un cœur d’amour et de pardon.                                                                                                                                  Propos recueillis par Lydie NZENGOU