Le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell a arrive à la réunion des ministres des Affaires étrangères des 27 pays membres de l’UE le 13 juillet 2020. Virginia Mayo / POOL / AFP
Texte par : RFI
Publié le : 13/07/2020 – 21:00

Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE ont tenu ce lundi 13 juillet leur première réunion physique à Bruxelles depuis le coronavirus. Leurs débats se sont focalisés sur la Turquie, avec laquelle les incidents se multiplient et viennent compliquer des relations qui ne sont plus du tout au beau fixe depuis l’arrivée au pouvoir de l’AKP de Reçep Tayyip Erdoğan.

Avec notre correspondant à Bruxelles, Pierre Benazet

Pour leur première réunion physique depuis la crise du Covid-19, les Vingt-Sept ont parlé de Hong Kong, du virus et d’Amérique latine. Mais ils se sont surtout focalisés sur la Turquie. Et c’est finalement sur la conversion de Sainte-Sophie en mosquée que les Européens se montrent le plus fermes. Ils vont contre toute attente jusqu’à condamner la décision de Reçep Tayyip Erdoğan et lui demandent d’y renoncer.

Cette conversion pour la deuxième fois de l’histoire de l’édifice stambouliote va « alimenter la méfiance », « promouvoir de nouvelles divisions entre communautés religieuses » et « saper les efforts de dialogue », prédisent les Vingt-Sept. Le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères va jusqu’à estimer que cette décision est une attaque contre la civilisation et concrétise la fin du rapprochement avec l’UE.

C’est en fait le seul sujet pour lequel les 27 tapent du poing sur la table. Pour le reste, ils répètent que les forages gaziers turcs dans les eaux chypriotes sont contraires aux intérêts de l’Union européenne et au droit international, ils demandent à la Turquie de ne plus se livrer au chantage migratoire qui a vu des milliers de migrants poussés par la Turquie à se diriger début mars vers l’Europe. Ils lui demandent aussi de respecter l’embargo sur les armes à destination de la Libye mais on est loin, sur ce point, d’une condamnation.

Les 27 évoquent une dynamique de la confrontation mais leur conclusion est tout de même en demi-teinte : il faut améliorer et renforcer les relations avec la Turquie.