Le président américain Donald Trump lors d’une table ronde à Roosevelt House, le mardi 25 février 2020, à New Delhi, en Inde. (Photo AP / Alex Brandon)
février 25, 2020 VOA
AFP

Donald Trump a reproché mardi à deux juges progressistes de la Cour suprême des Etats-Unis des prises de position « inappropriées » et les a appelées à se récuser dans les dossiers le concernant.

La plus haute juridiction américaine consacrera le 31 mars une audience aux déclarations d’impôts du président, qu’il refuse de rendre publiques.

A l’approche de cette audience très sensible politiquement, Donald Trump s’en est pris nommément aux juges Ruth Bader Ginsburg et Sonia Sotomayor.

Dans un tweet lundi, il a repris des accusations formulées par une commentatrice de la chaîne conservatrice Fox, selon laquelle Sonia Sotomayor a accusé ses cinq confrères conservateurs de la Cour suprême d’avoir « un préjugé en faveur de Trump ».

Joseph Maguire, était l’un des favoris pour devenir directeur permanent du renseignement mais, selon le Washington Post, M. Trump se serait retourné contre lui lorsqu’il a été informé de ce briefing classé top secret.

« C’est terrible. Essaie-t-elle de leur faire honte pour qu’ils votent comme elle? Elle n’a jamais critiqué la juge Ginsburg quand elle m’a traité d’+imposteur+. Les deux devraient se récuser… », a-t-il écrit.

Mardi, lors d’une conférence de presse en Inde, il est revenu à la charge.

La juge Ginsburg « s’était déchaînée pendant la campagne (…) Elle a dit des choses très inappropriées », a-t-il dit.

Lors d’une interview en 2016, la doyenne de la Cour avait bien qualifié le candidat républicain d' »imposteur ». Elle s’était ensuite excusée.

Donald Trump a reproché à Sonia Sotomayor des commentaires rédigés pour exprimer son désaccord avec ses collègues dans une décision prise à une courte majorité (les cinq conservateurs contre les quatre progressistes) en fin de semaine dernière.

« C’était très inapproprié, une déclaration terrible pour un juge de la Cour suprême », a-t-il assuré. « Je crois qu’elle essayait de faire honte à ceux qui pourraient avoir une opinion différente d’elle ».

La magistrate explique dans ce document de sept pages son « inquiétude » face à la tendance croissante du gouvernement de faire appel à la Cour suprême en urgence, sans attendre que tous les échelons de l’appareil judiciaire se soient prononcés.

« Il est difficile de dire ce qui est le plus troublant: que le gouvernement ait recours à cette procédure extraordinaire de manière automatique, ou que la Cour lui accorde raison », a-t-elle notamment écrit.

Sur Twitter, Steve Vladeck, professeur de droit à l’université du Texas, a volé à son secours. La juge Sotomayor n’accuse pas ses confrères « d’être pro-Trump » et « elle a raison » d’écrire qu’ils « font peser la balance en faveur du gouvernement dans les recours d’urgence ».

Selon une de ses études, le gouvernement de Donald Trump a introduit 20 recours d’urgence au cours de ses deux premières années et demi au pouvoir, contre huit par les administrations Bush et Obama au cours des seize années précédentes.