La frégate «Courbet» de la marine nationale, ici dans le canal de Suez en 2013 (illustration). AFP PHOTO
Texte par : RFI
Publié le : 01/07/2020 – 19:47

La France a confirmé ce mercredi 1er juillet sa décision de suspendre temporairement sa participation aux opérations de surveillance de l’Otan jusqu’à ce qu’elle obtienne des réponses à ses demandes concernant ses frictions avec la Turquie.

Pour dénoncer une forme d’impuissance de l’Alliance atlantique, la France annonce qu’elle va retirer ses moyens militaires de l’opération de sécurité maritime de l’Otan Sea Guardian. Et dans un courrier envoyé mardi au siège de l’Alliance, Paris exige de ses partenaires qu’ils réaffirment leur engagement à imposer l’embargo sur les armes en Libye, mais aussi que les navires turcs cessent dorénavant d’utiliser des indicatifs Otan lorsqu’ils mènent des missions qui ne relèvent pas de l’Alliance.

Entre Paris et Ankara, l’affaire de la frégate Courbet est donc manifestement loin d’être soldée. Le 10 juin dernier, ce navire qui était alors en mission Sea Guardian avait tenté de contrôler un cargo suspecté de violer l’embargo sur les armes en Libye. Le Courbet avait alors subi les foudres de trois frégates turques qui l’escortaient et qui s’étaient servi de leur radar de commande de tir pour écarter le bâtiment de la marine nationale.

Après une réunion houleuse lors d’un Conseil des ministres de la Défense de l’Otan, le secrétaire général de l’Alliance avait accepté de diligenter une enquête. Ce rapport classifié « secret Otan » n’a pas permis d’apaiser les tensions entre Paris et Ankara.

Sur fond de désaccord en Libye, à Chypre, mais aussi sur la question des missiles russes S-400 acquis par Ankara, les relations ne cessent de se dégrader entre la France et la Turquie. A la demande de Paris, une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne se tiendra le 13 juillet pour débattre de la question turque. « Des sanctions ont déjà été prises à l’encontre de la Turquie par l’UE, en raison des forages que la Turquie initiait dans la zone économique maritime de Chypre (…) et d’autres sanctions peuvent être envisagées », a averti le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian.