De la fumée a commencé à s’élever de cette artère de Cotonou (Bénin) en milieu d’après-midi mercredi 1er mai 2019.
© Carine Frenk/RFI

Par RFI Publié le 01-05-2019

Au lendemain de la demande par l’opposition de l’arrêt du processus électoral, les forces de police sont déployées autour de la maison de l’ancien chef de l’État Boni Yayi, ce mercredi soir. Les versions divergent entre opposition et forces de sécurité sur les raisons de ce déploiement.
Que s’est-il passé cet après-midi devant le domicile de l’ancien président Boni Yayi dans le quartier Cadjehoun ? Selon ses partisans, sa maison a été encerclée par les forces de l’ordre. La population a rapidement fait barrage en allumant des feux de pneus et en jetant des pierres sur la police qui a répondu par des tirs de gaz lacrymogène.

Les proches de Boni Yayi affirment qu’il y a eu une volonté manifeste de l’arrêter.

Tigri Alassane, le 4e secrétaire général des Forces Cauris pour un Bénin Emergent était présent sur les lieux et joint par RFI cet après-midi raconte : « On a été alertés que la police républicaine avait encerclé le domicile du président Yayi. La population ainsi que l’opposition sont venues le protéger. Jusqu’à ce moment-ci, ils sont en train de tirer des gaz lacrymogènes. Je peux vous dire que là où je suis, c’est difficilement que je suis en train de respirer et je suis au niveau du domicile du président. Et lorsqu’ils replient, ils vont se recharger en gaz lacrymogènes et ils tirent dans l’espoir de disperser la population et ils tirent toujours vers le domicile du président. Actuellement tous les jeunes qui sont là sont obligés de se protéger avec des mouchoirs, et vous pouvez encore entendre la présence des jeunes, de la population, et c’est ça qui les dissuade dans leurs projets ».

Les autorités affirment qu’il n’y a jamais eu l’intention d’arrêter l’ex-président

Le directeur général de la police républicaine, général Nazaire Hounnonkpè, a déclaré à RFI qu’il n’y avait pas de projet d’arrestation de Boni Yayi : « Son domicile n’est pas encerclé et il n’y a aucune possibilité de l’arrêter. Nous sommes là pour préserver l’ordre. Les badauds ont pris la voie à hauteur de Cadjehoun, on a eu l’information. Des éléments sont descendus pour les disperser. Ça n’a rien à voir avec sa personne. On n’a jamais reçu quoi que ce soit comme instruction pour l’interpeller ».

« Quand il y a une menace, il faut vraiment mettre un dispositif. On ne veut pas l’arrêter et il n’y a aucun projet d’interpellation en ce qui le concerne. Comme ils ont commencé par lancer des cailloux aux agents, vous voyez, ils sont venus en renfort. Que l’opinion publique nationale et internationale sache qu’il n’y a aucun projet d’arrestation de l’ancien président Boni Yayi. Les voix les plus autorisées vont l’appeler pour le lui dire pour qu’il soit rassuré », affirme-t-il.

Le ministre de l’Intérieur a dit la même chose aux journalistes.

L’avocat de Boni Yayi dit ne pas y croire. Maître Renaud Agbodjo raconte que c’est vers 10h ce matin que son garde du corps et les voisins ont constaté une présence policière autour du domicile de l’ancien président. Et il ajoute qu’il « s’agit d’une tentative d’enlèvement par surprise ».

Une résistance s’est aussitôt organisée pour protéger la rue qui donne accès à la résidence. Il y a eu jets de pierres, pneus enflammés, les policiers ont fait usage de grenades lacrymogènes et les pompiers sont arrivés pour éteindre les feux.

Dès que l’alerte a été donnée, tous les leaders de l’opposition se sont rendus aux côtés de Boni Yayi. Le secteur reste quadrillé.