Elle est passionnée par le secteur agro-pastoral en Centrafrique et elle a bien raison car il s’agit bien là de notre or noir ! Mais combien de Centrafricains sont conscients de cette manne cachée qui est juste là, à portée de mains. La terre de Centrafrique est riche, très riche, fertile, érable et n’attend qu’à être exploitée par les uns et les autres.
Marlène GERVIL-YAMBALA l’a compris. Avec Jean-Flaubert IKOLI, ils se sont investis sur cette voie et ont pu surmonter les obstacles pour que leur structure soit aujourd’hui reconnue comme une structure sérieuse, rigoureuse et professionnelle. Mbi la gué s’est entretenu avec elle et Marlène nous parle de son Association Sesse Ti Mossoro.

Bonjour Marlène Yambala, pouvez-vous vous présenter ?
Bonjour Je suis Marlène GERVIL-YAMBALA, Présidente co-fondatrice de « Sessé Ti Mossoro ».

Qu’est-ce que Sesse Ti Mossoro ?
« Sessé Ti Mossoro » est une association fondée par Jean-Flaubert IKOLI et moi-même, immatriculée en France depuis le 10 décembre 2015.
STM a pour but la relance de l’Agriculture en Centrafrique. Notre principale action est de sensibiliser et d’encadrer les producteurs sur la pratique de la culture et l’élevage de masse afin d’atteindre une auto-suffisante alimentaire et exporter le surplus. STM a aussi l’ambition d’éduquer la population rurale sur la protection de l’environnement (flore, faunes, forêt et eaux), promouvoir l’alphabétisation en milieu rurale et initier la population rurale sur les transformations industrielles et de développement des techniques agro-pastorales.

Expliquez-nous votre pensée traduite au travers de ce diction : Il faut rendre à l’agriculture sa place et son rang (Alphonse Karr)
STM, terre de prospérité, est l’expression physique d’une vision développée autour de la valorisation de l’agriculture et de ses dérivés. Jadis, l’agriculture était le fleuron de la Centrafrique et faisait la fierté du pays et des paysans. S’inspirant du dicton, notre volonté est d’apporter un souffle nouveau à l’agriculture en Centrafrique, ce, en lui redorons le blason par de nouvelles pratiques agriculturales, en promouvant de nouveaux produits à forte valeur ajoutée à l’exportation, le tout dans un souci d’augmentation de la production qui de facto influera positivement sur le revenu des paysans. Mais aussi, de permettra à chaque ménagère centrafricaine de remplir son panier qui semble tellement vide ces dernières années, ceci par la mise à disposition des produits accessibles à toutes les bourses.

La citronnelle, de la récolte à notre tasse

Comment avez-vous commencé et pourquoi ?
Les multiples crises militaro politiques ont porté un coup désastreux à ce secteur, premier secteur important dans la part du PIB. Nous avons commencé les activités de STM par une immatriculation dans le registre du Commerce et des Sociétés de notre entité O’GREENIMEX SARL qui est une société agro-pastorale qui finance les activités de notre association. Il est important pour démarrer toute activité quelle qu’elle soit de remplir les formalités administratives requises. Nous avons une belle expérience du Guichet unique du Ministère du Commerce à Bangui qui a eu du mal à nous immatriculer tant il existe très peu d’entreprise de ce genre. Nos activités ont démarré sur un site expérimental de moindre superficie pour par la suite s’étendre et se développer sur des surfaces plus importantes. L’étape suivante a consisté à l’acquisition des terres, l’élément capital dans l’exécution d’activités agricoles. Le but est non seulement de planter, récolter et mettre sur le marché mais encore de stocker et de transformer, en gros, la maîtrise de toute la chaîne des valeurs est le but ultime.

Jusqu’où comptez-vous aller ? Avez-vous pensé à l’industrialisation ?
Nous avons commencé la transformation dès le début de nos activités, la vente de feuille séchée de Moringa, transformée en poudre à travers le monde est le témoignage de notre engagement à aller au-delà de nos frontières.

Etes-vous accompagné par une Banque de la place ?
Jusqu’à ce jour, toutes nos tentatives de nous voir accompagnés réellement dans cette belle aventure par une institution bancaire sont demeurées vaines. Entre les promesses fallacieuses des responsables des institutions bancaires et les refus polis des certains organismes, nous nous sommes mis dans l’épreuve avec les moyens de bord, par la contribution des membres de nos familles respectives, sur fonds propres et tout semble commencer à aller mieux. C’est le lieu ici de lancer un appel aux autorités pour le Fonds de garantie bancaire dont il a été fait mention, un moment qui pourrait être une bouffée d’oxygène pour les entreprises agricoles et autres. Mais aussi, de songer à la mise en place d’une Banque agricole, qui serait d’une importance incommensurable.

Quels conseils prodiguer à tous ceux qui aimeraient emprunter cette voie ?
Le principal conseil est qu’il faut être d’abord un passionné car l’agriculture nécessite du temps, de l’énergie et de la patience. De manière pratique, démarrer sur de petites surfaces de 1 à 2 hectares, se faire la main et les doigts, dans le but de se frotter aux dures réalités du terrain, puis, augmenter en superficie. De plus, il faut être en permanence « au parfum » des avancées agricoles ailleurs qui sont de nature à faciliter les activités.

Je vous remercie.
Nous vous remercions également pour l’intérêt que vous portez à nos activités.

Le curcuma, de la récolte au produit fini par les mentors de Sesse Ti Mossoro
                              O’GREENIMEX pour la culture et                               GETEX transformation et commercialisation

Fleur de curcuma