Un dispositif policier absolument massif a été déployé pour empêcher les manifestants de se rassembler, à Moscou, le 27 juillet.
RFI /A.Dalsbaek
Par RFI Publié le 30-07-2019 Modifié le 30-07-2019 à 12:04

Ce samedi 27 juillet, une manifestation d’opposants russes a été durement réprimée par les autorités à Moscou. 1400 personnes ont été arrêtées selon l’ONG OVD-Info. Cette manifestation visait à dénoncer l’absence de l’opposition aux élections locales prévues le 8 septembre prochain. Tatiana Jean, du Centre Russie/NEI à l’Ifri analyse le rapport de force qui se joue entre les manifestants et les autorités.

Depuis plusieurs semaines les rassemblements d’opposants se font de plus en nombreux pour dénoncer les conditions dans lesquelles vont se tenir les élections locales du 8 septembre prochain. Ces élections qui auront lieu dans plusieurs régions vont permettre d’élire les gouverneurs et les représentants des assemblées législatives locales. Mais les candidatures de l’opposition y ont été invalidées par les autorités.

Pour Tatiana Jean chercheuse à l’Ifri (Institut français des relations internationales), il y a une montée en puissance de l’opposition actuellement en Russie : « Entre l’épisode II d’il y a une semaine et l’épisode III de samedi, la force de la protestation n’a pas faibli, alors que c’était la semaine pendant laquelle il y a eu plusieurs perquisitions chez les leaders de l’opposition, des arrestations et toutes sortes d’autres intimidations. »

Les autorités n’étaient pas préparées à ce genre de mouvement pour défendre l’opposition et plus de démocratie en Russie : « À Moscou, le maire de la ville, Sergueï Sobianine s’est fait élire sans beaucoup de difficulté en septembre 2018, rappelle Tatiana Jean. Je pense qu’il y a quelque chose comme une surprise pour les autorités que ces élections suscitent de la tension et soient devenues la cible des efforts des activistes, des opposants ».

Ne pas laisser de candidats indépendants

Pour la directrice du Centre Russie/NEI, la répression importante de cette manifestation n’est pas un aveu d’impuissance, mais met en lumière l’absence de volonté de négocier alors que les discours de propagande parlent de manipulations étrangères : « Il y a plusieurs discours notamment celui de la manipulation par l’étranger de ces manifestants. Les risques que voit la mairie de Moscou et aussi le Kremlin, c’est que, si on laisse entrer ces candidats indépendants à la Douma de Moscou, (on ouvre) la porte pour les élections parlementaires de 2021. Et ça, le système russe ne veut pas l’admettre. C’est un peu comme ouvrir le hublot pour que l’eau remplisse le bateau ».