Blocage à l’entrée du port du Havre, le 22 janvier 2020. LOU BENOIST / AFP
Texte par : RFI
Publié le : 23/01/2020 – 20:27

Après deux ans de négociations et sept semaines de conflit, le projet de réforme du système des retraites est présenté ce vendredi 24 janvier en Conseil des ministres. Mais la contestation se poursuit avec des différentes actions dans tout le territoire.

Les opposants à la réforme promettent qu’ils ne lâcheront rien. Si la grève dans les transports en commun a laissé place à un retour à la normale sur le réseau national et francilien, ce n’est pas pour autant la fin de la contestation.

Pour relancer la mobilisation, les syndicats ont depuis quelques jours changé leur stratégie en appelant à de multiples actions coup de poing : coupures sauvages d’électricité, perturbations aux accès de certaines centrales nucléaires ou de centre de déchetterie, mais aussi grèves portuaires avec l’opération trois jours de « ports morts ». Plus spectaculaires et plus festives, des retraites aux flambeaux sont organisées dans de nombreuses villes de France pour rappeler qu’une majorité des Français reste favorable au retrait de la réforme.

Pour cette septième journée nationale de manifestations depuis le début du mouvement, le 5 décembre, les syndicats de la RATP appellent à un blocage total. L’intersyndicale veut que ce vendredi, date de l’examen de la réforme des retraites par le Conseil des ministres, soit une journée massive de grève et de manifestation interprofessionnelle.

Détermination et prudence au gouvernement

Le gouvernement, lui, affiche toujours la même détermination. Le texte entre maintenant dans le « tube législatif », remarque un ministre. Comprendre : la machine est lancée et plus rien ne peut l’arrêter. Déterminé, l’exécutif se veut cependant prudent. « C’est une étape symbolique, mais ça n’est pas encore la fin », prévient-on dans l’entourage du président Emmanuel Macron. Il reste encore le passage à l’Assemblée nationale et au Sénat et un vote définitif espéré avant l’été.

À l’Élysée, on veut croire à une « démobilisation » des manifestants, rapporte notre journaliste Anthony Lattier. « Les syndicats sont dépassés par des élements radicalisés et des professionnels du sabotage qui refusent le compromis et le dialogue ». Un conseiller du Premier ministre va même jusqu’à parler d’une « gilets-jaunisation » des grévistes.

Malgré tout, l’Élysée reconnaît que la bataille de l’opinion n’est pas gagnée. « Il faut améliorer notre communication pour convaincre qu’il s’agit d’un texte de progrès social » Mais après 50 jours de grève et en dépit de l’accord trouvé avec les syndicats réformistes, six Français sur dix voudraient qu’Emmanuel Macron retire sa réforme, selon un récent sondage. « Il est difficile d’être entendu sur le positif de la réforme », soupire un conseiller du chef de l’État.

La conférence de financement, qui doit réunir les partenaires sociaux afin de trouver avant fin avril les moyens de garantir l’équilibre financier du système de retraite d’ici 2027, sera lancée le 30 janvier, a indiqué le Premier ministre Édouard Philippe dans un entretien à La Croix.