A Bangui, l’incendie de la raffinerie de Lembe au Cameroun qui a eu lieu le 1er juin dernier se fait ressentir, l’approvisionnement en essence devient compliqué en Centrafrique (Bangui, le 17 juin 2019).
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Par RFI Publié le 17-06-2019 Modifié le 17-06-2019 à 13:28

L’incendie de la raffinerie de Lembe au Cameroun le 1er juin dernier se fait ressentir, tout comme le manque de pluie qui n’a pas encore permis le ravitaillement par voie fluviale, selon le ministère de l’Énergie. Conséquence : l’essence devient rare dans les stations-service. Et les vendeurs à la sauvette envahissent déjà les rues.
Dans cette station-service, Clem est assis sur sa moto. Ce taxi-moto attend depuis des heures, en vain : « Il n’y a pas de carburant. Je ne sais pas comment je peux faire ».

À la pompe il n’y a que du gasoil. Alors certains vont se fournir chez les revendeurs qui campent à quelques mètres de la station avec leurs bouteilles et bidons remplis du précieux liquide.

C’est le cas de Moïse, qui déplore l’absence d’essence dans la station même. D’autant que chez les revendeurs, « c’est plus cher. 1 200 francs, vraiment on regrette !». 400 francs plus cher en moyenne au marché noir, donc. Alors il s’interroge : « Qu’est-ce qu’il se passe dans ce pays ? Comment est-ce que la station est là et on achète l’essence en cours de route comme ça. Ça ne fait pas bien. Ça dérange beaucoup ».

Trois à quatre semaines de réserves

Serge, venu lui aussi faire le plein de son scooter, questionne la gestion des stocks : « On ne peut pas donner aujourd’hui des prétextes comme quoi il y a eu un incendie au niveau de Cameroun, au niveau des raffineries… On devrait au moins en matière de prévision avoir une réserve assez importante pour permettre de couvrir en cas de crise. Mais nous avons constaté qu’il n’y en a pas ».

Le ministre de l’Énergie assure que le pays dispose de trois à quatre semaines de réserves et que des mesures ont été prises pour ravitailler Bangui au plus vite.