Angela Merkel, Emmanuel Macron et Charles Michel s’entretiennent au début du premier sommet en face à face de l’UE depuis la flambée du coronavirus, à Bruxelles, le 17 juillet 2020. Stephanie Lecocq/Pool via REUTERS
Texte par : Pierre Benazet
Publié le : 17/07/2020 – 21:11 Modifié le : 17/07/2020 – 21:40 RFI

Les 27 chefs d’États et de gouvernement de l’Union européenne (UE) sont entrés dans le vif du sujet ce vendredi 17 juillet au matin pour tenter de trouver un accord sur les deux enveloppes qui doivent déterminer l’avenir de l’UE : 750 milliards d’euros pour le plan de relance, plus d’un billion pour le budget de l’UE sur sept ans. Il s’agit d’un moment de vérité pour l’Europe. Et pour éviter un nouvel échec sur ces deux questions cruciales, la méthode a été modifiée pour ces négociations entre les Vingt-Sept. Dans un premier temps, tout le monde se parle.

De notre correspondant à Bruxelles,

La méthode est très différente des sommets précédents. Non seulement ce n’est plus une visioconférence comme le sommet virtuel du 19 juin, mais surtout, contrairement au sommet de février qui avait échoué sur le budget européen, il y a cette fois eu une très longue session plénière.

Le président du Conseil européen, Charles Michel, avait essuyé en février des critiques sévères. Il avait été accusé d’être trop confiant dans le compromis à la belge où on s’assoit autour d’une table qu’on ne quitte pas sans solution, accusé de n’avoir pas fait le travail de préparation diplomatique préalable.

Cette fois-ci, le ballet diplomatique a été intense et les chefs d’États et de gouvernements sont en quelque sorte en conclave. Ils n’ont pas quitté la table de la session plénière pendant sept heures et après une pause de trois heures, ils ont repris leurs travaux à 27.

Le mérite de la méthode, c’est que chaque pays peut exposer son point de vue et que les débats n’ont pas pour l’instant provoqué de prises de bec. Charles Michel se résigne à des négociations lentes mais efficaces et la lenteur est réelle avec, pour l’instant, aucune réelle avancée entre pays « frugaux » et partisans des 500 milliards de subventions directes, ni sur les conditions associées à ces subventions, ni sur les rabais budgétaires.

Giuseppe Conte met la pression pour surmonter les divergences

L’Italie continue d’espérer que le plan de relance économique de 750 milliards d’euros proposé par la Commission européenne face à la crise du coronavirus, soit adopté par les 27 pays de l’UE sans grand changement et avant la fin juillet, rapporte notre correspondante à Rome, Anne Le Nir

La presse italienne relève que le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, et le président la République française, Emmanuel Macron, sont « unis comme jamais » pour tenter de faire adopter, rapidement, le plan de relance européen.

Mais il n’est pas dit que cette entente suffise pour aboutir à un pacte avec les plus réticents, notamment les Pays-Bas et l’Autriche. Or, d’une part le gouvernement Conte pourrait subir les contre-coups d’un échec.

D’autre part l’Italie, très durement frappée par la crise du coronavirus, qui a fait plonger son économie déjà fragile, a désespérément besoin des 172 milliards d’euros qui devraient lui être alloués. En particulier pour relancer l’emploi des jeunes dont le taux de chômage atteint près de 30% avec des pics de 40% dans les régions du sud comme la Calabre.