Guidon Shimiray Mwissa est notamment pointé du doigt par plusieurs sources dans l’inquiétante augmentation des cas de viols dans le Masisi, au Nord-Kivu. ALEXIS HUGUET / AFP
Texte par : RFI
Publié le : 13/05/2020 – 10:00

Le NDC-Rénové est-il le groupe armé le plus puissant de l’est du Congo ? En tout cas, un rapport du groupe d’études sur le Congo rendu public ce mercredi 13 mai détaille toutes les ramifications de ce groupe dirigé par le chef de guerre Guidon Shimiray.

Le Groupe d’Étude sur le Congo (GEC) qui publie son rapport sur le NDC-Rénové le titre ainsi : « Pour l’armée, avec l’armée, comme l’armée ? ». Grâce à un soutien de l’armée congolaise, ce groupe contrôle aujourd’hui une large portion de quatre des six territoires de la province du Nord-Kivu. Si Guidon Shimiray, aujourd’hui sous sanctions des Nations Unies, a autant de succès, c’est qu’il sait se rendre utile.

Ce dernier joue un rôle majeur aux côtés des FARDC et plus récemment aurait collaboré, au moins indirectement, avec l’armée rwandaise, pointe le nouveau rapport du GEC, notamment dans les opérations contre les rebelles hutus rwandais et congolais, et ce depuis 2015. En échange, son groupe, le NDC-Rénové, obtiendrait notamment des armes et des uniformes. Le GEC le prouve, photos à l’appui.

Mines, hôtel, cigarettes…

Le succès du NDC-Rénové est aussi dû à son organisation. Comme les grandes rébellions de l’est, que ce soit le RCD ou les FDLR, il contrôle de larges portions du territoire. Et il noue des alliances solides, il y a toute une galaxie de groupes qui s’y rattachent. Il exploite des mines dans le Walikale et le sud du Lubero, impose aux populations sous sa coupe des taxes, se réserve l’importation de certains biens recherchés comme les cigarettes et construit même un hôtel. Guidon Shimiray Mwissa a même un service de communication et propagande qui publient des photos et des vidéos.

Ce qui fait surtout la réussite de ce groupe, selon le GEC, c’est l’impunité dont il bénéficie face à un État défaillant. Ses camps et sa hiérarchie militaire sont connus, le GEC publie d’ailleurs cartes et organigramme, mais il n’a presque jamais été la cible d’opérations de l’armée congolaise ou de la Monusco.