Le cercueil d’Étienne Tshisekedi à Nsele près de Kinshasa, avant l’inhumation, samedi 1er juin.
© REUTERS/Kenny Katombe
Par RFI Publié le 01-06-2019 Modifié le 02-06-2019 à 00:51

Les funérailles nationales d’Étienne Tshisekedi se sont achevées ce samedi 1er juin à Kinshasa, en présence de plusieurs chefs d’État. L’opposant historique, décédé d’une embolie pulmonaire en Belgique à 84 ans, il y a un peu plus de deux ans, a été inhumé aujourd’hui en périphérie de la capitale congolaise.
C’est vers 12h20 que la cérémonie a été véritablement lancée, avec la séquence du dépôt de gerbes de fleurs. Trois chefs d’État y ont pris part : Denis Sassou-Nguesso pour le Congo-Brazzaville, suivi d’Edgar Lungu, le Zambien, puis du Centrafricain Faustin-Archange Touadéra. L’Ougandais Yoweri Museveni était représenté par son vice-président. Alpha Condé, dont la présence est restée annoncée, n’était pas là et c’est le président de son Assemblée nationale qui a déposé la gerbe de fleurs.

Se sont ensuite succédé des représentants d’une dizaine de pays : Égypte, Sénégal et Zimbabwe entre autres, ainsi qu’un représentant du président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat.

Étienne Tshisekedi sera-t-il élevé au rang de héros national?

Avant cela, il y avait eu une prise de parole du comité d’organisation qui est revenu brièvement sur le parcours d’Étienne Tshisekedi, pour vanter sa constance, son courage et tous les enseignements qu’il a laissés au peuple congolais. Raisons pour lesquelles, a-t-il expliqué, le comité d’organisation plaide pour qu’Étienne Tshisekedi soit élevé au rang de héros national.

Étienne Tshisekedi a bien été distingué samedi matin, a-t-on appris par un communiqué de la présidence : il a été admis au grade de grand cordon dans l’ordre national « héros nationaux Kabila-Lumumba », qui était selon la présidence le plus haut grade possible à ce stade. Il n’est pas exclu qu’il soit élu plus tard au rang de héros national, mais il y a une procédure judiciaire et légale à suivre qui doit notamment passer par le Parlement, reconnaît-on aujourd’hui. Cette question a fait débat ces derniers jours.

« À l’instar d’un Gandhi, d’un Nelson Mandela, d’un Martin Luther King…»

L’hommage le plus vibrant de la journée est venu de l’actuel président par intérim de l’UDPS, Jean-Marc Kabund. « À l’instar d’un Gandhi, d’un Nelson Mandela, d’un Martin Luther King, le combat d’Étienne Tshisekedi était pour la dignité, la liberté et l’épanouissement de l’homme congolais », a-t-il déclaré.

La tribune officielle du stade des Martyrs a accueilli le directeur du cabinet du chef de l’État, de nombreux diplomates, des représentants de l’armée, de la police, de l’Assemblée nationale, de plusieurs partis politiques dont le Palu et le FCC de Joseph Kabila, l’ex-président. Ce dernier était en revanche absent, alors que son entourage avait laissé entendre qu’il pourrait être là. Il y avait aussi l’ancien président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Guillaume Soro, et la famille du maréchal Mobutu.

« Parachever l’idéal socio-politique de votre illustre père »

Du côté des absents, les principales figures de l’opposition congolaise n’étaient pas là. Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba sont à l’étranger, et Martin Fayulu qui est au Congo ne s’est pas déplacé. Le leader de Lamuka, qui revendique toujours la victoire à la présidentielle, a déploré le fait de ne pas avoir été invité à cette cérémonie, de même qu’Adolphe Muzito, un autre des leaders de la coalition de l’opposition Lamuka.

Il y a trois jours sur l’antenne de RFI, Monseigneur Ambongo, l’archevêque de Kinshasa, avait appelé à ce que « tous les fils du pays soient présents pour saluer l’honneur » d’Étienne Tshisekedi.

L’oraison funèbre a été dite par des petits-enfants d’Étienne Tshisekedi. Des survivants des « 13 parlementaires » lui ont aussi rendu hommage. Puis une messe a été dite par l’archevêque de Kinshasa, Monseigneur Fridolin Ambongo. « Il vous revient de parachever l’idéal socio-politique de votre illustre père », a-t-il lancé dans son homélie au fils de l’opposant, Félix Tshisekedi, chef de l’État qui présidait la cérémonie. Étienne Tshisekedi a ensuite été inhumé dans la concession de la famille à la Nsele près de Kinshasa.