L’ancien Premier ministre et député centrafricain Martin Ziguelé en 2015 à Bangui. (image d’illustration) ISSOUF SANOGO / AFP
Texte par : RFI
Publié le : 13/02/2020 – 05:00

L’ancien Premier ministre et député Martin Ziguelé dénonce la mainmise des groupes armés sur le territoire après un incident alors qu’il allait de Bocaranga vers Man, dans la préfecture de Ouham-Pendé, son fief électoral. Il assure que lui, deux autres députés et leur garde des FACA sont tombé face à des combattants des 3R, qui les ont forcés à faire demi-tour sous la menace. Ce que démentent les 3R.

Il y a trois jours, vers 14h, le convoi de Martin Ziguelé et de deux autres députés a été arrêté par un des groupes d’hommes fortement armés appartenant aux 3R. Impossible d’aller plus loin selon l’ancien Premier ministre centrafricain, qui assure qu’ils leur ont donné le choix entre, « rebrousser chemin ou nous tirer dessus si on avance ».

Malgré la présence de soldats des FACA, Martin Ziguelé et ses amis ont donc décidé de rebrousser chemin. Une décision qui lui est restée en travers de la gorge. « Ils m’ont chassé comme un malpropre avec 24 personnes de ma délégation, avec des soldats des FACA ! s’indigne-t-il. Ils nous ont humiliés et nous avons été obligés de repartir. Comment les populations peuvent aller aux élections ? Comment les candidats peuvent circuler ? Ils contournent le territoire ? Ce n’est pas possible ! »

Le porte-parole du groupe armé des 3R jure que leurs combattants ne les ont jamais menacés de mort. Ils auraient refusé « tout simplement » le passage aux trois députés dans ce territoire sous leur contrôle. « Même la Minusca ou les représentants du gouvernement préviennent lorsqu’ils doivent emprunter cet axe », a assuré le général Sywo, au grand dam de Martin Ziguelé.

« C’est une violation flagrante des dispositions de l’accord de Khartoum [du 6 février 2019] ! proteste le député. Qui dit qu’ils devaient [les groupes armés] assurer la libre circulation des personnes et des biens. Ce qui n’est pas le cas puisqu’ils m’ont empêché de circuler. Il y a un réel problème. »

La présidence centrafricaine a dénoncé « fermement » mercredi soir ce qu’elle qualifie de « violation grave » de l’accord de paix. Et elle demande aux forces internationales et aux FACA « de faire respecter la liberté de circulation » à travers le pays, a annoncé son porte-parole, Albert Yaloké Mokpeme.