Selon cette victime, rescapée du massacre du 22 mai dernier, qui a souhaité garder l’anonymat, les membres de 3R ont tiré à bout portant sur des victimes ligotées.
© Gaël Grilhot/RFI
Par RFI Publié le 27-05-2019 Modifié le 27-05-2019 à 21:18

Il y a une semaine, la RCA vivait la plus grosse tuerie, depuis la signature de l’accord de paix le 6 février dernier entre le gouvernement et 14 groupes armés. Mardi dernier, le 21 mai, dans le nord-ouest du pays, dans la région de Paoua, des éléments du groupe armé 3R organisent plusieurs attaques simultanées contre des villages. Le bilan s’élève à plusieurs dizaines de morts. RFI a rencontré des rescapés du village de Lemouna.
Pansement sur le bras, ce cinquantenaire tremble encore. Des hommes du groupe 3R sont arrivés en moto. Ce jour-là, ils convoquent une réunion comme à leur habitude, mais cette fois pas de sursis pour les villageois. Ils sont ligotés et abattus les uns après les autres.

« Il y a des gens qui sont venus. Ils ont tué des gens. Même moi, on devait me tuer, mais grâce à Dieu j’ai été épargné. J’étais avec mon frère. On lui a tiré une balle dans la poitrine. Mon frère est tombé sur moi et son cadavre m’a protégé », témoigne-t-il.

Ce jeune garçon est allongé, la tête cachée sous une couverture. Il revit encore et encore la scène.

« Ils ont tué des gens. Ça a démarré avec des rafales… et après on a entendu coup par coup. Quand j’ai vu les corps par terre, j’ai pleuré », raconte-t-il.

La mère du jeune garçon était absente du village ce jour-là. A son retour dans la soirée, c’est l’effarement.

« A mon retour, j’ai découvert les cadavres. Ils n’avaient tué que des hommes. J’ai constaté que mon frère avait été tué. Les femmes pleuraient et mes enfants avaient fui », précise-t-elle.

Il lui faudra trois jours pour retrouver ses sept enfants cachés dans la brousse.