Le magistrat de la Cour pénale spéciale (CPS) Michel Landry Louanga, le 22 octobre 2018. Gaël Grilhot/RFI
Texte par : RFI
Publié le : 09/05/2020 – 16:03 Modifié le : 10/05/2020 – 12:40

En Centrafrique, la Cour pénale spéciale a annoncé le 8 mai se saisir du dossier concernant les crimes commis dans la ville de Ndélé dans le nord du pays.

Avec notre correspodante à Bangui, Charlotte Cosset

En Centrafrique, la Cour pénale spéciale (CPS) a annoncé le 8 mai se saisir du dossier concernant les crimes commis dans la ville de Ndélé dans le nord du pays. Une série de violences ont lieu dans cette ville ces derniers mois, notamment des combats les 6 et 11 mars derniers, ainsi que le 29 avril, qui ont causé la mort de plus de 40 personnes.

Une mission d’enquête judiciaire menée par le procureur général de RCA accompagné de la police des Nations unies a été menée du 1er au 4 mai. Cette cour hybride composée de membres centrafricains et internationaux, a été créée en avril 2015 pour juger les crimes graves commis sur le territoire centrafricain depuis le 1er janvier 2003.

La CPS avait déjà ces crimes dans ses radars « dès le 10 mars, avec les événements répétés de Ndélé et Birao,dont les populations se disent profondément préoccupées par ces tueries et autres violations graves des droits perpétrées par un certain nombre des groupes armés, explique d’Alain Ouaby-Bekaï, procureur spécial adjoint de la CPS. Et le procureur a également mis en garde les auteurs directs ou indirects dans un communiqué qu’ils seront recherchés et poursuivis. Depuis cette date, le parquet fait un travail de collecte des éléments de preuves et d’analyses de ces éléments. Des récents événements qui ont déterminé la mission conduite par la cour d’appel de Bangui ont apporté tous les éléments qui pourraient constituer s’ils étaient établis les crimes relevant de la compétence de la Cour pénale spéciale ».

Le dossier de Ndélé n’est pas le seul sur le bureau de la CPS. Ceux d’Alindao et de Paoua aussi notamment. Les enquêtes sont en cours bien que ralenties par la crise du coronavirus, regrette le procureur spécial adjoint. Les plaintes sont nombreuses auprès de la CPS. Des recrutements sont en cours notamment pour le renforcement de l’équipe du parquet et la création d’un troisième cabinet d’instruction.