©RNL / Stéphane Andjioyo
Une indication de lieu de transfert Western Unio sur l’avenue Barthélémy Boganda dans le capitale centrafricaine
vendredi 9 août 2019 12:15  Radio NDEKE LUKA

Le transfert d’argent de la République Centrafricaine vers l’extérieur continue de préoccuper plus d’un à Bangui. Depuis plusieurs semaines, il est difficile d’envoyer de l’argent via Western Union. Cette mesure prise par les autorités ne semble pas satisfaire certaines personnes, qui s’en plaignent.

De nombreuses personnes passent plusieurs jours voire une semaine pour expédier une somme qui dépasse 100.000 francs Cfa à l’étranger. Selon les informations, il suffit de quelques minutes après l’ouverture des points de transfert Western Union pour que le message habituel et désormais connu de tous, soit lancé : « le quota est fini ».

Certaines indiscrétions font savoir que le quota journalier fixé aux institutions bancaires serait de 60 millions de francs Cfa pour l’ensemble du territoire national. Un taux qui n’arrange pas de nombreuses personnes surtout les opérateurs économiques.

« Ils récupèrent nos papiers et nous demandent de repasser. Au finish, ils nous nous disent que de quota est fini. Bloqués, nous ne pouvons pas envoyer de l’argent à l’étranger », s’est plaint Marie-Madeleine Yagoro, une centrafricaine de la diaspora en séjour à Bangui. Une inquiétude partagée par Youssouf Hamit, un opérateur économique : « cette situation nous pénalise dans nos affaires. Nous avons l’habitude d’envoyer plus 40 millions de francs Cfa par jour. Mais depuis ces derniers temps, nous ne pouvons plus le faire ». Même son de cloche pour Jean Bosco Kongbo qui éprouve des difficultés à financer son frère. « J’ai un cadet à qui je devais envoyer de l’argent pour le loyer, mais ça pose problème », a-t-il fait savoir sortant d’un lieu de transfert.

Pourquoi l’envoi de maigres sommes devient chose difficile ? Un opérateur économique dénonce pour sa part, un système de corruption mis en place pour faciliter ceux qui envoient de grosses sommes d’argent.

« Entre les caissières et caissiers, il y a un système de business. Quand tu as un million de franc Cfa et tu leur donnes 10.000 francs Cfa, ils te font l’opération. Si ce n’est le cas, le message c’est qu’il n’y a pas de quota », a-t-il déploré sous couvert de l’anonymat.

Certains opérateurs de Western Union rejettent ces accusations, estimant qu’il s’agit d’allégations visant à les discréditer.

D’où vient cette mesure ?

Selon le Ministère des Finances et du Budget, la décision imposant un quota de 60 millions de francs Cfa par jour, a été prise au niveau de la CEMAC pour éviter la fuite des capitaux et le financement du terrorisme dans la sous-région.

« Nous avons mis en application une nouvelle réglementation des changes qui a du mal à être totalement accepté par les acteurs qui n’étaient pas habitués à un certain nombre de contraintes, qui sont plutôt importantes pour la préservation d’équilibre de notre monnaie », a expliqué Dieudonné Evoumekou, vice- gouverneur de la BEAC.

En attendant, les tracasseries se poursuivent dans les institutions bancaires.