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Alfred Yekatom et Patrice-Edouard Ngaïssona lors de l’ouverture de l’audience de confirmation des charges au siège de la Cour à La Haye (Pays-Bas) le 19 septembre 2019

mardi 10 décembre 2019 15:06 Radio NDEKE LUKA

La décision des juges de la Cour Pénale Internationale (CPI) dans l’affaire le Procureur contre Alfred Yékatom Rombhot et Patrice Edouard Ngaïssona est toujours attendue par les centrafricains. Les audiences de confirmation des charges s’étaient déroulées du 19 septembre au 11 octobre 2019.

En principe, ce 10 décembre marque le 60e jour prévu pour le verdict des juges comme le mentionne le Statut de Rome en son article 61. Le bureau de la CPI à Bangui indique que cette décision des juges aura probablement lieu au courant de la semaine.

Alfred Yékatom Rombhot est soupçonné par la Cour Pénale Internationale pour sa présumée responsabilité de crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis en République centrafricaine entre décembre 2013 et août 2014.

Patrice Edouard Ngaissona est reproché, quant à lui d’être présumé responsable des crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis en décembre 2013 et décembre 2014 en République Centrafricaine.

La confirmation ces charges, une procédure étrangère au mécanisme centrafricain

Sous réserve du paragraphe 2, dans un délai raisonnable après la remise de la personne à la Cour ou sa comparution volontaire, la Chambre préliminaire tient une audience pour confirmer les charges sur lesquelles le Procureur entend se fonder pour requérir le renvoi en jugement. L’audience se déroule en présence du Procureur et de la personne faisant l’objet de l’enquête ou des poursuites, ainsi que du conseil de celle-ci.

La Chambre préliminaire peut, à la demande du Procureur ou de sa propre initiative, tenir une audience en l’absence de l’intéressé pour confirmer les charges sur lesquelles le Procureur entend se fonder pour requérir le renvoi en jugement lorsque la personne :

A renoncé à son droit d’être présente; ou

A pris la fuite ou est introuvable, et que tout ce qui était raisonnablement possible a été fait pour garantir sa comparution et l’informer des charges qui pèsent contre elle et de la tenue prochaine d’une audience pour confirmer ces charges.

Dans ces cas, la personne est représentée par un conseil lorsque la Chambre préliminaire juge que cela sert les intérêts de la justice.

Dans un délai raisonnable avant l’audience, la personne :

Reçoit notification écrite des charges sur lesquelles le Procureur entend se fonder pour requérir le renvoi en jugement; et

Est informée des éléments de preuve sur lesquels le Procureur entend se fonder à l’audience.

La Chambre préliminaire peut rendre des ordonnances concernant la divulgation de renseignements aux fins de l’audience.

Avant l’audience, le Procureur peut poursuivre l’enquête et peut modifier ou retirer des charges. La personne visée reçoit notification de tout amendement ou retrait de charges dans un délai raisonnable avant l’audience. En cas de retrait de charges, le Procureur informe la Chambre préliminaire des motifs de ce retrait.

A l’audience, le Procureur étaye chacune des charges avec des éléments de preuve suffisants pour établir l’existence de raisons sérieuses de croire que la personne a commis le crime qui lui est imputé. Il peut se fonder sur des éléments de preuve sous forme de documents ou de résumés et n’est pas tenu de faire comparaître les témoins qui doivent déposer au procès.

A l’audience, la personne peut :

Contester les charges;

Contester les éléments de preuve produits par le Procureur; et

Présenter des éléments de preuve.

A l’issue de l’audience, la Chambre préliminaire détermine s’il existe des preuves suffisantes donnant des raisons sérieuses de croire que la personne a commis chacun des crimes qui lui sont imputés. Selon ce qu’elle a déterminé, la Chambre préliminaire :

Confirme les charges pour lesquelles elle a conclu qu’il y avait des preuves suffisantes; et renvoie la personne devant une chambre de première instance pour y être jugée sur la base des charges confirmées;

Ne confirme pas les charges pour lesquelles elle a conclu qu’il n’y avait pas de preuves suffisantes;

Ajourne l’audience et demande au Procureur d’envisager :

i)D’apporter des éléments de preuve supplémentaires ou de procéder à de nouvelles enquêtes relativement à une charge particulière; ou

ii)De modifier une charge si les éléments de preuve produits semblent établir qu’un crime différent, relevant de la compétence de la Cour, a été commis.

Lorsque la Chambre préliminaire ne confirme pas une charge, il n’est pas interdit au Procureur de demander ultérieurement la confirmation de cette charge s’il étaye sa demande d’éléments de preuve supplémentaires.

Après confirmation des charges et avant que le procès ne commence, le Procureur peut modifier les charges avec l’autorisation de la Chambre préliminaire et après que l’accusé en a été avisé. Si le Procureur entend ajouter des charges supplémentaires ou substituer aux charges des charges plus graves, une audience doit se tenir conformément au présent article pour confirmer les charges nouvelles. Après l’ouverture du procès, le Procureur peut retirer les charges avec l’autorisation de la Chambre préliminaire.

Tout mandat déjà délivré cesse d’avoir effet à l’égard de toute charge non confirmée par la Chambre préliminaire ou retirée par le Procureur.

Dès que les charges ont été confirmées conformément au présent article, la Présidence constitue une chambre de première instance qui, sous réserve de l’article 64, paragraphe 8, conduit la phase suivante de la procédure et peut remplir à cette fin toute fonction de la Chambre préliminaire utile en l’espèce.