Des soldats israéliens près de Jérusalem (photo d’illustration). REUTERS/Ammar Awad
Texte par : RFI
Publié le : 06/02/2020 – 07:50 Modifié le : 06/02/2020 – 13:03

Dans la nuit du 5 au 6 février, dans le centre de Jérusalem, une voiture a foncé dans la foule faisant quatorze blessés. La police a ouvert une enquête pour « attaque terroriste ». Le Hamas salue cette attaque comme une « réponse » au plan américain. Par ailleurs, les manifestations continuent dans tous les Territoires palestiniens.

Les faits se sont produits au niveau de la « First station », l’une des attractions de la vie nocturne de la ville sainte, située à Jérusalem-Ouest, où se trouvent de nombreux bars et restaurants.

« Des unités de police et les secouristes sont arrivés sur les lieux et une enquête pour acte de terrorisme a été ouverte », a annoncé le porte-parole de la police israélienne, Mickey Rosenfeld, cité par l’AFP. Le véhicule a ensuite été retrouvé près de Bethléem en Cisjordanie.

Le conducteur est activement recherché : « Nous ne serons pas vaincu par le terrorisme », a assuré le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu.

D’après les secouristes, sur les quatorze blessés, une personne l’est grièvement et plusieurs autres souffrent de traumatismes. La majorité d’entre eux sont des soldats israéliens, a indiqué l’armée.

Le projet de paix américain

Cet incident intervient un peu plus d’une semaine après l’annonce du projet américain pour le Moyen-Orient, qui prévoit notamment de faire de Jérusalem la capitale « indivisible » d’Israël. Selon ce plan promu par Donald Trump, l’État hébreu pourrait aussi annexer les colonies juives en Cisjordanie occupée, en particulier dans la vallée du Jourdain. Le projet prévoit aussi la création d’un État palestinien démilitarisé sur ce qu’il reste de la Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

Le plan a été globalement salué en Israël, mais fustigé dans les Territoires palestiniens, tant par le Fatah laïc du président palestinien Mahmoud Abbas, attendu la semaine prochaine à l’ONU, que par les islamistes du Hamas dans la bande de Gaza.

Tirs réels

Le 5 février, un Palestinien âgé de 17 ans a été tué par un coup de feu des forces israéliennes. C’est la première victime depuis la révélation du plan de paix de Donald Trump il y a une semaine, alors que depuis, les manifestations continuent dans tous les Territoires palestiniens.

Le jeune homme était à Hébron, l’une des villes les plus sensibles au sud de la Cisjordanie occupée, et, selon l’armée israélienne, il aurait lancé un cocktail Molotov sur des soldats, qui ont répondu par des tirs réels. Le jeune Palestinien est mort, après avoir été rapidement transféré à l’hôpital, rapporte notre correspondante à Ramallah, Alice Froussard.

Si les manifestations avaient déjà fait une dizaine de blessés, il n’y avait eu aucun mort depuis l’annonce du plan Trump dans un contexte de tension quotidienne dans les Territoires palestiniens. Lundi 3 février, au même endroit, un jeune manifestant s’est pris une balle en caoutchouc dans les yeux.

À Gaza, les manifestations continuent, les factions avaient appelé à ne pas se laisser faire. À Ramallah, en périphérie de la ville, près du checkpoint de Beit El, on voit surtout des jeunes lancer des pierres, des soldats qui répliquent avec des gaz lacrymogènes, il y a aussi des pneus brûlés pour faire des barrages.

D’autres victimes

Deux Palestiniens ont été tués et sept autres ont été blessés dans des heurts avec l’armée israélienne tôt, ce jeudi 6 février, à Jénine, dans le nord de la Cisjordanie occupée, ont indiqué des sources officielles et des témoins. Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances du décès, rapporte notre correspondant à Jérusalem, Guilhem Delteil.

Selon l’agence officielle palestinienne Wafa, l’un des Palestiniens âgé de 19 ans a été tué par un tir israélien. Un photographe de l’AFP sur place a vu la dépouille du jeune homme tué à l’hôpital de Jénine, où des dizaines d’hommes scandaient « martyr », en transportant le corps sur un brancard.