Bernie Sanders et Joe Biden le 25 février 2020 lors d’un débat à Charleston, en Caroline du Sud. © Jonathan Ernst, Reuters
Texte par : Yona HELAOUA
Publié le : 03/03/2020 – 07:41 Modifié le : 03/03/2020 – 07:41

Quatorze États votent mardi pour les primaires démocrates. Fort de sa victoire en Caroline du Sud, Joe Biden a récupéré les soutiens de tout le camp modéré ces derniers jours. Objectif : faire barrage au socialiste Bernie Sanders, qui garde un avantage dans la course. Entre les deux, le milliardaire Michael Bloomberg tente de jouer les trouble-fête.

Les primaires démocrates passent à la vitesse supérieure avec le premier « Super Tuesday ». Les électeurs de quatorze États américains sont appelés aux urnes, mardi 3 mars. À la clé : 1 357 délégués, soit un peu plus d’un tiers du total qui votera lors de l’investiture. En quelques jours, la course s’est resserrée au point que deux grandes figures émergent aujourd’hui : le progressiste Bernie Sanders et le modéré Joe Biden.

Après avoir réussi une remontée phénoménale en Caroline du Sud, l’ex-vice-président de Barack Obama a accumulé ces dernières heures les soutiens de poids lourds du Parti démocrate. Les ex-candidats Pete Buttigieg, Amy Klobuchar et Beto O’Rourke se sont rangés derrière lui. Comme s’ils avaient appris les leçons des primaires républicaines de 2016 : les candidats modérés avaient échoué à s’unir derrière l’un d’entre eux face au populiste Donald Trump.

L’objectif : barrer la route à Bernie Sanders. Le socialiste est en tête en nombre de délégués jusqu’ici et pourrait le rester à l’issue du Super Tuesday. Mais son programme est jugé trop radical par les centristes démocrates. Beaucoup craignent qu’il ne mène le parti à la catastrophe en novembre face à Donald Trump. Mais aussi qu’il pénalise les candidats aux élections locales dans des circonscriptions conservatrices. C’est l’argument qu’a donné le Texan Beto O’Rourke mardi soir pour expliquer son choix.

Joe Biden, candidat du Sud, face à Bernie Sanders, candidat du Nord et de l’Ouest ? C’est l’analyse de Kyle Kondik. Pour espérer une échappée, chacun devra faire une incursion dans les territoires de l’autre, estime l’universitaire. « N’importe quelle victoire de Sanders dans le Sud, surtout au Texas, lui ferait du bien », analyse l’universitaire.

L’inconnue Michael Bloomberg

À l’inverse, Joe Biden devra montrer qu’il est capable de courtiser une partie de l’électorat ouvrier du Midwest et du Nord-Est. Mais il pourrait avoir du mal à pénétrer dans les bastions de Bernie Sanders. Le vote par anticipation, en cours depuis un moment, devrait profiter à ce dernier. Les électeurs modérés qui ont choisi Pete Buttigieg ou Amy Klobuchar ne pourront pas, ou alors très difficilement, changer leur bulletin en faveur de Joe Biden. Cela dit, certains résultats complets de ces votes par anticipation pourraient prendre des semaines à arriver, empêchant Bernie Sanders de capitaliser sur cet élan.

Reste l’inconnue Michael Bloomberg. L’homme d’affaires, qui fait campagne au centre, a déjà dépensé plus d’un demi-milliard de dollars en publicités en vue de son entrée en lice mardi. « Pour l’instant, il n’est donné gagnant dans aucun État », tempère Kyle Kondik. Mais sa présence même suffit à affaiblir le nombre de délégués que pourrait obtenir Joe Biden. À moins que la performance de ce dernier en Caroline du Sud ait définitivement convaincu les modérés que l’ex-vice-président est le plus crédible face à Donald Trump. Dans ce cas, Michael Bloomberg et ses milliards pourraient prendre une douche froide.