Les forces de l’ordre biélorusses arrêtent des manifestants lors d’un rassemblement de l’opposition à la suite de l’élection présidentielle à Minsk, en Biélorussie, le 10 août 2020. © Vasily Fedosenko, Reuters
Texte par : FRANCE 24
Publié le : 10/08/2020 – 20:38 Modifié le : 10/08/2020 – 22:02

De nouveaux affrontements ont opposé, pour le deuxième soir consécutif, les autorités biélorusses à des manifestants protestant contre la réélection du président Alexandre Loukachenko, à Minsk. Une trentaine de personnes ont été interpellées.

La tension est à nouveau montée d’un cran en Biélorussie. Des heurts ont opposé, lundi 10 août, à Minsk, pour le deuxième soir consécutif, la police à des manifestants protestant contre la réélection du président Alexandre Loukachenko. Un témoin interrogé par l’AFP a fait état de tirs de balles en caoutchouc et de l’utilisation de gaz dans le centre de la capitale, où se trouvait un important dispositif policier.

Selon ce témoin et des médias biélorusses, au moins un journaliste a été blessé à la jambe. Une trentaine de personnes ont été interpellées. Des interpellations ont également eu lieu dans d’autres villes de cette ex-république soviétique, selon des médias locaux. La foule, moins importante que dimanche soir lors de précédentes protestations, scandait « Honte ! » et « Longue vie à la Biélorussie », selon un journaliste de l’AFP.

Au pouvoir depuis 1994, Alexandre Loukachenko a été réélu avec plus de 80 % des voix, ont annoncé les autorités de l’ancienne république soviétique. Sa principale opposante, Svetlana Tikhanouskaïa a rejeté les résultats officiels, demandant au président de céder le pouvoir.

« Le pouvoir doit réfléchir à comment nous céder le pouvoir. Je me considère vainqueur », a affirmé l’opposante de 37 ans, à qui la Commission électorale a attribué environ 10 % des suffrages.

Si elle a accusé le régime de « se maintenir par la force » après la répression des manifestations dans la nuit de dimanche à lundi, Svetlana Tikhanovskaïa ne rejoindra pas d’éventuelles nouvelles protestations, alors que des appels en ce sens circulent en ligne. « Elle ne participera pas (…) puisque le pouvoir pourrait organiser n’importe quelle provocation pour l’arrêter », a indiqué la porte-parole de la candidate, Anna Krassoulina.

Paris appelle les autorités à « la plus grande retenue »

Dans la nuit précédente, des milliers de protestataires ont essuyé des tirs de grenades assourdissantes et de balles en caoutchouc par la police à Minsk, faisant des dizaines de blessés.

Face aux appels à manifester, lundi soir, diffusés sur les réseaux sociaux et malgré l’accès limité à Internet depuis dimanche, la police a bouclé le centre de Minsk, notamment aux environs du monument de la Stela, épicentre des violences de la veille. Les stations de métro étaient fermées, et les forces anti-émeutes étaient présentes en nombre.

La France a appelé, lundi, les autorités biélorusses à « la plus grande retenue », après la répression violente de l’opposition, dimanche soir. « Nous observons avec inquiétude la violence qui a été opposée aux citoyens biélorusses sortis manifester après la clôture des bureaux de vote, et appelons à la plus grande retenue », a déclaré un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

La Maison Blanche s’est dite aussi « grandement préoccupée » par la réélection, appelant le gouvernement « à respecter le droit à se rassembler pacifiquement et à s’abstenir de faire usage de la force ». De même, le Royaume-Uni a également appelé le gouvernement biélorusse à « s’abstenir de nouveaux actes de violence » à la suite de l’élection présidentielle, dont il dénonce les « graves irrégularités ».

En parallèle, la Russie a salué la réélection d’Alexandre Loukachenko, tout comme le président vénézuélien Nicolas Maduro qui félicite le chef d’État, lui reconnaissant une « victoire incontestable ».

Avec AFP et Reuters