Jeudi 14 avril 2022, Emmanuel Macron se déplace au Havre tandis que Marine Le Pen tient un meeting à Avignon. © AFP

Les deux finalistes de l’élection présidentielle vont à nouveau s’affronter à distance jeudi, pour la quatrième journée de campagne de l’entre-deux-tours : Emmanuel Macron sera au Havre avec Édouard Philippe pour parler écologie, tandis que Marine Le Pen tient un grand meeting dans la soirée à Avignon.

Un déplacement consacré à l’écologie pour Emmanuel Macron, le premier grand meeting de l’entre-deux-tours dans le Sud pour Marine Le Pen : les deux finalistes de la présidentielle remontent au front, jeudi 14 avril, dans une campagne menée tambour battant avant le second tour du 24 avril.

Mobiliser les troupes dans la dernière ligne droite mais aussi et surtout convaincre les indécis et les 12,8 millions de personnes qui se sont abstenues dimanche. Si les sondages donnent pour l’instant Emmanuel Macron vainqueur (53 à 55 %), le match retour s’annonce beaucoup plus serré qu’en 2017.

Pouvoir d’achat, réforme des retraites, diplomatie et construction européenne : le président sortant et la candidate d’extrême droite multiplient les fronts depuis lundi, défendant des projets radicalement différents en répliquant aussitôt aux attaques du camp d’en-face.

Après une campagne de premier tour en pointillé, notamment en raison de la guerre en Ukraine, le président-candidat enchaîne les déplacements en région.

Jeudi, il sera accueilli au Havre par son ancien Premier ministre Édouard Philippe, maire de la ville, mais pas tout à fait en terrain conquis puisque la cité portuaire, à l’instar de nombreuses grandes villes, a placé dimanche le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon en tête des suffrages, près de trois points devant Emmanuel Macron.

« Nul n’est propriétaire de ses voix »

Après un entretien à France Bleu, le candidat Macron visitera dans l’après-midi le port, plus grande plateforme française pour les conteneurs, avant de se rendre à l’usine de production d’éolienne en mer Siemens Gamesa.

Objectif : défendre les énergies renouvelables et particulièrement les éoliennes, sous le feu des critiques de la candidate RN. Mais aussi s’adresser aux électeurs à la fibre écologique, notamment à gauche, souvent sensibles à la ligne plus radicale de Jean-Luc Mélenchon au premier tour (21,95 %) par rapport au « modéré » Yannick Jadot (4,63 %).

« Nul n’est propriétaire de ses voix » et « je parle au peuple français », a souligné le président-candidat mercredi soir sur TF1. Rappelant sa volonté d' »écouter et convaincre », il a répété qu’il dévoilerait les amendements à son programme « dans les prochains jours ».

Par exemple, la « planification écologique » chère au candidat insoumis, « je peux m’en nourrir » comme d’autres propositions du candidat Yannick Jadot, a-t-il poursuivi.

Selon le baromètre Ipsos publié mercredi, 59 % des électeurs ayant voté Jadot au premier tour pourraient mettre le 24 avril un bulletin Macron dans l’urne, 47 % pour ceux de la candidate de droite Valérie Pécresse et 37 % pour les électeurs insoumis.

Pas grand-chose à attendre en revanche pour le président-candidat du côté de l’ancien polémiste d’extrême droite Éric Zemmour : 81 % d’entre eux choisiraient Marine Le Pen contre seulement 4 % Emmanuel Macron.

Marine Le Pen « en campagne depuis 30 semaines »

Longue journée en perspective aussi pour Marine Le Pen : invitée de l’émission « Les quatre vérités » sur France 2 à 7 h 30, elle répondra en début d’après-midi aux lecteurs de La Provence avant de tenir un meeting en soirée au parc des expositions d’Avignon.

Elle n’est arrivée qu’en troisième position (près de 19 % des voix) dimanche dans la cité des papes, 18 points derrière le leader insoumis et juste derrière Emmanuel Macron. Mais dans l’ensemble du département du Vaucluse, la candidate RN a pris le large avec près de 30 % des suffrages.

Lors d’un entretien avec BFMTV mercredi, elle a dit faire « le maximum » pour cette campagne de l’entre-deux-tours, affirmant qu’elle était « en campagne depuis 30 semaines, lui (Emmanuel Macron) depuis 3 jours ». Elle a de nouveau appelé à la nécessaire « mobilisation » de son électorat, essentiellement populaire.

Interrogé sur le débat du 20 avril avec le président sortant, temps fort traditionnel avant le second tour, elle a tenté de minimiser sa portée. « C’est un moment important mais une élection ne se joue pas uniquement sur un débat », même si en 2017, sa prestation n’avait pas été « particulièrement réussie », a-t-elle reconnu. Aujourd’hui, « je l’aborde très sereinement », a-t-elle affirmé.

Avec AFP