Angela Merkel se heurte à de nombreuses résistances sur le choix du futur président de la Commission européenne. A Bruxelles, le 28 mai 2019.
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Deux jours après les élections européennes, les Vingt-Huit se retrouvaient ce mardi 28 mai à Bruxelles pour savoir qui allait occuper les postes-clés de l’UE. Au cœur des débats, le nom du futur président de la Commission.

Avec notre envoyée spéciale à Bruxelles, Anastasia Becchio

Le dîner de travail aura duré trois heures. Entre les asperges, le filet de porc et les fraises au thym, les Vingt-Huit ont brossé le portrait idéal du futur président de la Commission. Ils ont aussi sans doute évoqué les autres postes importants au sein des instances européennes, comme celui du président du Conseil ou encore celui de la Banque centrale européenne.

Pour l’heure, aucun nom n’a émergé de ces discussions. Angela Merkel a redit son soutien à son compatriote Manfred Weber pour succéder à Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission. « Nous soutenons notre candidat Manfred Weber, d’autres soutiennent le leur », a-t-elle déclaré. Avant la réunion, les socialistes avançaient le nom du travailliste néerlandais Frans Timmermans, tandis que les centristes donnaient ceux de Margrethe Vestager et de Michel Barnier.

Si les Vingt-Huit se pliaient au principe du spitzenkandidat, selon lequel la personnalité désignée par le groupe politique vainqueur des élections devient automatiquement président de la Commission, c’est Manfred Weber qui devrait s’imposer. Mais ce principe semble aujourd’hui avoir du plomb dans l’aile.

« Moi je veux rassembler. Si les uns et les autres restent au nom où ils sont, nous aurons un blocage, a prévenu Emmanuel Macron. Parce qu’aucun des groupes n’a la majorité à lui seul. » Le président français a donc invité ses homologues à trouver un compromis autour d’un candidat fort et charismatique.

Faute de pouvoir s’entendre sur un nom, c’est donc sur une vision et des priorités que les chefs d’État et de gouvernement européens ont donc tenté de s’entendre ce soir. Emmanuel Macron avait énuméré les siennes en arrivant : l’urgence climatique, la protection des frontières et la réforme du modèle économique et social.

Quels profils à la tête des instances européennes? Les critères d’Emmanuel Macron

Il nous faudra trouver des équilibres. Je tiens à ce que ces nominations soient paritaires, que nous ayons deux hommes et deux femmes. Je tiens à ce que nous ayons les meilleurs profils possibles. Je tiens à ce qu’il y ait des équilibres évidemment de sensibilités, familles politiques mais aussi géographiques.