Le président algérien Abdelmadjid Tebboune serre la main au ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian en visite à Alger, la capitale, le 21 janvier 2020. © Ryad Kramdi, AFP
Texte par : FRANCE 24
Publié le : 22/01/2020 – 07:49 Modifié le : 22/01/2020 – 07:49

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, s’est rendu, mardi, à Alger pour relancer la relation bilatérale avec l’Algérie. Il y a pris contact avec les nouveaux dirigeants du pays, secoué depuis 2019 par un mouvement de contestation populaire.

La France relance sa coopération bilatérale avec l’Algérie après une année d’incertitude, marquée par le mouvement de contestation « Hirak » et l’élection d’un nouveau président.

Jean-Yves Le Drian, chef de la diplomatie française, s’est rendu, mardi 21 janvier, à Alger pour y rencontrer les nouveaux dirigeants du pays : son homologue Sabri Boukadoum, le Premier ministre Abdelaziz Djerad et le président Abdelmadjid Tebboune. En un an, le ministre des Affaires étrangères est le premier membre du gouvernement français à se rendre en Algérie, vue désormais comme un partenaire clé de Paris dans les crises régionales en Libye et au Sahel.

La Libye et le Sahel au cœur des préoccupations

Un nouveau gouvernement a été mis en place à Alger à la suite de l’élection présidentielle du 12 décembre – massivement rejetée par le « Hirak » – qui a conduit Abdelmadjid Tebboune à la tête de l’État. Paris, dont les relations sont naturellement complexes avec son ancienne colonie, en a pris acte : « Les élections présidentielles ont eu lieu. Il y a désormais un nouveau gouvernement avec lequel la France veut travailler », a déclaré Jean-Yves Le Drian.

Le déplacement de Jean-Yves Le Drian à Alger s’est aussi inscrit dans le cadre des efforts internationaux déployés pour résoudre les crises régionales en Libye et au Sahel.

Il survient deux jours après un sommet international à Berlin où les principaux pays concernés par le conflit en Libye ont promis de respecter un embargo sur les armes et de ne plus interférer dans ses affaires intérieures, afin de tenter de ramener la paix dans ce pays déchiré par la guerre civile.

« Une puissance d’équilibre et de paix »

Le président Tebboune, invité à Berlin, a proposé d’accueillir désormais un « dialogue » entre toutes les parties libyennes.

« Nous étions ensemble à Berlin, avant-hier, sur le conflit libyen et nous allons coordonner nos efforts, au delà même de la mise en place d’un cessez-le-feu durable, pour recréer du dialogue politique, et nous allons agir ensemble pour que les efforts que nous avons initiés à Berlin puissent se poursuivre », a assuré Jean-Yves Le Drian à l’issue de sa rencontre avec son homologue algérien.

« Nous allons également faire le point sur la situation au Sahel et rappeler nos objectifs communs de sécurité et de lutte contre le terrorisme. Face à ces défis majeurs, la France et l’Algérie ont une convergence de vues, et notre concertation est primordiale », a-t-il précisé.

Alger, inquiète des risques d’instabilité sur son flanc sud, a servi de médiateur en 2014-2015 entre le gouvernement de Bamako et des groupes rebelles armés du nord du Mali.

« L’Algérie est une puissance d’équilibre et de paix, fermement attachée au respect de la souveraineté des Etats et au dialogue politique. Elle l’a rappelé récemment en lançant plusieurs initiatives diplomatiques », s’est félicité le chef de la diplomatie française.

Soucieuse de rester à égale distance des deux camps en guerre en Libye et hostile à toute ingérence étrangère, l’Algérie, qui partage près de 1 000 kilomètres de frontière avec la Libye, multiplie les consultations pour tenter de contribuer à une solution politique.

Avec AFP