Des touristes dans une rue de la vieille Havane, le 7 mai 2019. Cuba a accueilli 1,93 million de visiteurs au cours des quatre premiers mois de l’année, soit une augmentation de 7% par rapport à 2018. Le tourisme représente la 2e activité économique.
YAMIL LAGE / AFP
Par RFI Publié le 04-06-2019 Modifié le 05-06-2019 à 08:08

Les États-Unis interdisent désormais les voyages de groupe dans l’île. Les sanctions visent les bateaux de croisières, les yachts, les avions commerciaux ou privés. Elles doivent entrer en vigueur ce mercredi 5 juin. Il s’agit, selon Washington, de punir Cuba pour son rôle déstabilisateur dans la région. La Havane est en particulier accusée de soutenir le régime de Nicolas Maduro au Venezuela.

Avec notre correspondante à Washington,Anne Corpet

« Les États-Unis rendent le régime cubain responsable de la répression qu’il mène contre son peuple et de ses interférences au Venezuela. Encouragé par Cuba, Nicolas Maduro a créé un désastre humanitaire qui déstabilise la région », peut-on lire dans le communiqué du département d’État qui annonce les nouvelles sanctions.

La diplomatie américaine vise à dessein l’industrie touristique de l’île : elle dénonce les forts liens économiques du secteur avec les autorités militaires et les forces de sécurité cubaines.

« Ces sanctions éviteront que les dollars américains soient utilisés par les services de renseignement cubains », a précisé le secrétaire au Trésor. Le sénateur républicain de Floride s’est réjoui de ces nouvelles mesures punitives.

« Cuba continue d’exporter son régime terroriste, les États-Unis doivent utiliser tous les moyens disponibles pour l’en empêcher », a fait savoir Marco Rubio.

La mesure pourrait aider le parti présidentiel à sécuriser le vote de la communauté cubaine exilée dans cet État clé, dans la perspective du scrutin de 2020. Selon les chiffres du gouvernement cubain, plus de six cent mille Américains ont visité l’île en 2018, la plupart à bord de bateaux de croisière.

Le chef de la diplomatie cubaine Bruno Rodriguez a dénoncé sur Twitter la volonté des États-Unis « d’asphyxier l’économie et de nuire au niveau de vie des Cubains pour nous arracher des concessions politiques ». « Ils vont encore échouer », a-t-il ajouté.