Un policier armé monte la garde ce mercredi 19 juin au poste de contrôle de la police où deux policiers ont été tués et quatre autres blessés lors d’une attaque nocturne.
© BOUREIMA HAMA / AFP
Par RFI Publié le 19-06-2019 Modifié le 20-06-2019 à 01:40

C’est une attaque inédite au Niger, elle est survenue aux portes de Niamey. Deux policiers ont été tués, quatre autres blessés dans l’attaque-surprise de leur poste à l’entrée nord de la capitale nigérienne dans la nuit de mardi à mercredi. C’est en effet la première fois qu’un raid est mené tout près de la capitale du Niger, pays sahélien confronté aux groupes jihadistes dans l’ouest et à Boko Haram dans le sud-est. Du côté du gouvernement nigérien, on parlait mercredi d’un acte isolé, mais on reste vigilant, à un peu plus de quinze jours du sommet de l’Union africaine.
C’est un poste de sécurité situé au nord-ouest de la ville sur la route qui mène à Ouallam, qui a été attaqué tard dans la nuit, vers 23H30. Un témoin cité par l’AFP dit avoir entendu des tirs nourris. « C’est un poste de contrôle éloigné de la ville », relativise une source gouvernementale.

Les assaillants seraient arrivés à motos, armés de kalachnikovs. Il était pas loin de minuit, une partie des policiers était vraisemblablement endormie et n’a pas eu le temps de réagir, dit-on de source bien informée.

Une réunion de sécurité a eu lieu ce mercredi. Des investigations sont en cours pour identifier les auteurs de cette attaque. Ce mercredi, des habitants affirment avoir vu des enquêteurs sur les lieux ramasser des douilles près de deux hangars. S’agissait-il de terroristes ou bien de bandits ? Toutes les pistes restent ouvertes.

À une quinzaine de jours du sommet de l’UA, le gouvernement se veut rassurant et parle d’un acte de banditisme isolé, sans exclure la piste terroriste. « C’est vrai que parfois ils descendent à moto de la région de Tillébary », reconnaît une source officielle.

La semaine dernière, les forces nigériennes, maliennes et françaises avaient mené dans cette région frontalière avec le Mali une opération conjointe contre les jihadistes, faisant une dizaine de morts et plusieurs capturés. Le 8 juin dernier, toujours sur cet axe un peu plus loin sur la route, un engin explosif avait endommagé un véhicule blindé américain, sans faire de blessés.

Au sein de la communauté internationale à Niamey, certains estiment qu’il peut s’agir de « représailles » après cette opération ou d’un « avertissement » à l’approche du sommet, mais surtout que le risque d’une attaque majeure sur la capitale existe bel et bien. Pour preuve, hasard de calendrier, quelques heures avant l’attaque, une grande simulation d’opération anti-terroriste se déroulait à Niamey. « On n’est pas inquiet on est préparé à toute éventualité », assure-t-on du côté du gouvernement.

Il faut dire que le contexte est instable. Mi-mai, les forces de sécurité ont payé un lourd tribut: 28 soldats sont tombés dans une embuscade dans le nord de la région de Tillabéry. Au même moment, la prison de haute sécurité de Koutoukalé avait été attaquée par de présumés jihadistes.

Pendant la tenue du sommet prévu les 7 et 8 juillet prochains, les autorités nigériennes ont prévu de renforcer les effectifs des patrouilles en ville en déployant trois promotions d’élèves gendarmes et policiers qui seront tout juste sortis de l’école.

« Au fil du temps, la situation s’est détériorée… » Moussa Tchangari, secrétaire général d’Alternative espaces citoyens