Le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a appelé l’Iran à éviter «davantage de violence et de provocations», à l’issue d’une réunion extraordinaire des ambassadeurs de l’Alliance atlantique à Bruxelles, le 6 janvier 2020.
Kenzo TRIBOUILLARD / AFP
Par RFIPublié le 06-01-2020 Modifié le 06-01-2020 à 20:10

Les 29 ambassadeurs des pays membres de l’Otan ont participé lundi 6 janvier à Bruxelles à une réunion extraordinaire consacrée à la situation au Proche-Orient trois jours après la mort à Bagdad du général iranien Qassem Soleimani dans une frappe ordonnée par Donald Trump.

« Lors de notre réunion aujourd’hui, les alliés ont appelé à la retenue et à la désescalade. Un nouveau conflit ne serait dans l’intérêt de personne, donc l’Iran doit s’abstenir de davantage de violence et de provocations », a déclaré le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg à la presse.

Ce que dit Jens Stoltenberg est : nous sommes unanimes à condamner le soutien apporté par l’Iran à un certain nombre de groupes terroristes. A l’issue de cette réunion extraordinaire, l’heure est à l’unanimité pour appeler à la désescalade des tensions, demander à tous de la retenue, rapporte notre correspondant à Bruxelles, Pierre Benazet.

Lors de cette réunion des ambassadeurs des 29 pays de l’Otan, les responsables américains ont informé leurs partenaires à propos de l’opération lors de laquelle le général iranien Qassem Soleimani a été tué en Irak.

Le chef de l’Otan a souligné qu’il s’agissait d’une « décision des États-Unis, pas de la coalition ou de l’Otan ». « Mais tous les alliés sont inquiets des activités déstabilisatrices de l’Iran dans la région », a-t-il précisé. « Nous avons vu récemment une escalade de la part de l’Iran, notamment une frappe contre une installation pétrolière saoudienne et un drone américain abattu », a-t-il ajouté.

« Lors de notre réunion d’aujourd’hui, les Alliés ont exprimé leur ferme soutien à la lutte contre l’État islamique et à la mission #NATO en #Iraq. Dans tout ce que nous faisons, la sécurité de notre personnel est primordiale. En tant que tel, nous avons temporairement suspendu notre formation sur le terrain », a écrit sur Twitter la porte-parole de l’Otan, Oana Lungescu. Après l’assassinat du général Soleimani vendredi, l’Otan a annoncé le lendemain suspendre ses opérations d’entraînement en Irak.

Officiellement donc, les 29 pays de l’Otan sont rangés comme un seul homme autour des États-Unis. Ils partagent les préoccupations sécuritaires au sujet de l’attitude de l’Iran, mais aucun pays n’a en revanche expressément soutenu la décision de rapper le général Soleimani. 24 des alliés sont aussi membres de l’UE et les Européens ne semblent pas sur quel pied danser.

« La position de la France est d’aboutir à une désescalade »

Au moment même où les ambassadeurs de l’Otan se réunissaient, L’Union européenne lançait de son côté une réunion des ministres européens des Affaires étrangères pour vendredi. Une réunion où Mohammad Javad Zarif, le ministre iranien des Affaires étrangères, reste bienvenu, s’il accepte l’invitation qui lui a été adressée dimanche et pour les Européens. Il faut poursuivre le débat avec l’Iran, un ton beaucoup moins martial que celui de l’Otan.

L’Iran doit « renoncer à des représailles » après la mort du général Qassem Soleimani, tué par un drone américain, et la diplomatie doit reprendre ses droits pour sauver l’accord sur le nucléaire iranien, a estimé ce lundi le chef de la diplomatie française. Il faut que « la partie iranienne renonce à des ripostes et des représailles mais aussi qu’on ouvre des négociations, que l’Iran revienne dans l’accord (nucléaire) de Vienne et que la négociation sur la stabilité régionale puisse se mettre en oeuvre », a déclaré Jean-Yves Le Drian sur la chaîne française BFM TV. Selon Jean-Yves Le Drian, « la position de la France est d’aboutir à une désescalade ».