Le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab, à Downing Street, à Londres, le 14 juillet 2020. REUTERS/Hannah McKay
Texte par : RFI
Publié le : 20/07/2020 – 21:13

Le Royaume-Uni a annoncé ce lundi 20 juillet suspendre « immédiatement et pour une durée indéterminée » le traité d’extradition qui lie Londres et Hong Kong, en réaction à l’imposition par la Chine d’une loi de sécurité controversée dans l’ancienne colonie britannique.

De notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix

On est désormais très loin du fameux « âge d’or » entre le Royaume-Uni et la Chine dont se félicitaient, il y a encore cinq ans, l’ancien Premier ministre David Cameron et son chancelier de l’Échiquier, George Osborne. Inlassables avocats d’un rapprochement économique avec la Chine, les deux hommes avaient multiplié les accords commerciaux, assurant pratiquer des pressions en coulisses auprès de Pékin, accusé d’atteinte aux droits de l’homme.

Mais la situation à Hong Kong a rendu cette politique intenable. Et même si le Premier ministre actuel, Boris Johnson, dit vouloir maintenir un équilibre face à Pékin en adoptant une ligne « dure » sans devenir « automatiquement anti-Chine », selon ses propres mots, Londres a radicalement revu son approche.

Les députés approuvent un choix fort à la veille de l’arrivée de Mike Pompeo à Londres

Le Royaume-Uni a annoncé ce lundi suspendre « immédiatement et pour une durée indéterminée » son traité d’extradition avec Hong Kong. Devant le Parlement, le chef de la diplomatie britannique Dominic Raab a aussi annoncé étendre à Hong Kong l’embargo sur les armes déjà appliqué à la Chine depuis 1989. Ces décisions ont été saluées par les députés de l’opposition travailliste, mais aussi par le groupe d’élus conservateurs, qui exercent depuis des mois une intense pression sur leur dirigeant Boris Johnson.

Ces députés ont ainsi fait campagne avec succès pour exclure du futur réseau 5G britannique Huawei, soupçonné d’espionnage, donnant plus de poids encore aux demandes pressantes des États-Unis de bannir le géant des télécom chinois. Ils doivent d’ailleurs s’entretenir avec le secrétaire d’état américain Mike Pompeo lors de sa visite à Londres ce mardi 21 juillet avant même qu’il ne rencontre Boris Johnson.