Une femme réagit au gaz lacrymogène lancé par la pocie contre les manifestants mobilisés contre la nouvelle loi de sécurité nationale, à Hong Kong le 1er juillet 2020. DALE DE LA REY / AFP
Texte par : RFI
Publié le : 02/07/2020 – 08:16 Modifié le : 02/07/2020 – 10:14

Alors que des milliers de Honkongais ont bravé l’interdiction de manifester ce mercredi 1er juillet, la police a procédé aux premières centaines d’arrestations, dont 10 sous les chefs d’accusation de la nouvelle loi de sécurité nationale. Une loi qui marque la fin de l’autonomie judiciaire pour l’ex-colonie britannique. Deux jours après sa promulgation par Pékin, de nombreux Hongkongais sont toujours sous le choc.

Avec notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde

Ce sont des bouteilles à la mer. Colère, tristesse, peur aussi tournent sur les messageries des militants pro-démocratie, au lendemain des arrestations de ce mercredi 1er juillet. « Je suis fâchée. Je suis triste aujourd’hui. Je ne sais pas comment nous allons continuer à défendre nos libertés » se désole une étudiante qui a accepté de confier anonymement à RFI ce qu’elle a sur le cœur via une application cryptée.

Les crimes considérés comme les plus graves dans le cadre de la nouvelle loi sur la sécurité nationale sont passibles de la prison à vie. Inquiétudes également d’une partie des journalistes hongkongais dont certains étaient encore ce mercredi, avec leurs gilets jaunes phosphorescents, en première ligne des affrontements entre manifestants et force de l’ordre.

Quitter le métier au s’autocensurer

Une consœur témoigne elle aussi sous le sceau de l’anonymat : « Beaucoup ont changé leur usage des médias sociaux. Dans mon carnet d’adresses, par exemple plusieurs de mes contacts ont abandonné WhatsApp pour Signal et autres messageries plus sécurisées. Certains ont même mis leur argent sur des comptes offshore sachant qu’avec la loi sur la sécurité nationale vos biens peuvent être confisqués. »

Face à la pression, certains journalistes songeraient à quitter le métier, ou à s’autocensurer. Ce qui ne serait pas pour déplaire aux autorités. Selon elles, une pétition en faveur de la loi aurait recueilli 1,9 million de signatures.