Des soldats iraniens et un pétrolier dans le détroit d’Ormuz, le 30 avril 2019. Atta Kenare, AFP
Texte par : FRANCE 24
Première publication : 19/07/2019 – 21:34 Dernière modification : 19/07/2019 – 22:29

L’Iran s’est emparé vendredi de deux pétroliers, dont un britannique, dans le détroit d’Ormuz, selon Londres, confirmant l’annonce des Gardiens de la révolution iraniens qui n’avaient toutefois pas fait mention du second navire.

Les Gardiens de la révolution iraniens ont annoncé, vendredi 19 juillet dans la soirée, avoir « confisqué » un pétrolier britannique, le Stena Impero, dans le détroit d’Ormuz.

Le bâtiment a été arraisonné par la force navale des Gardiens pour « non respect du code maritime international », « à la demande de l’Autorité portuaire et maritime de la province de l’Hormozgan », indique un communiqué sur Sepahnews, le site Internet des Gardiens de la révolution.

Le Stena Impero « a été amené jusqu’à la côte après sa saisie et remis à l’Autorité afin [que puissent commencer] la procédure légale et l’enquête », ajoutent dans ce bref communiqué les Gardiens, armée idéologique de la République islamique d’Iran.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, s’est dit « extrêmement préoccupé » par cette « saisie inacceptable », faisant également savoir qu’un second navire, battant pavillon libérien, avait aussi été arraisonné.

Le propriétaire suédois du pétrolier battant pavillon britannique a confirmé avoir perdu le contact avec ce navire après une « attaque » dans le détroit d’Ormuz. « Notre navire, le Stena Impero, a été approché par de petits aéronefs et un hélicoptère non identifiés en transitant par le détroit d’Ormuz dans les eaux internationales », a déclaré la compagnie Stena Bulk dans un communiqué. « Nous sommes actuellement incapables de contacter le navire qui fait route vers le nord en direction de l’Iran », a-t-elle ajouté.

Northern Marine Management, affréteur du Stena Impero, s’est également dit incapable de joindre son équipage composé de 23 marins.

Des représailles vis-à-vis du Royaume-Uni annoncées par l’ayatollah Khamenei

L’annonce de la saisie du Stena Impero survient quelques heures après que la Cour suprême de Gibraltar a décidé de prolonger pour 30 jours l’immobilisation du pétrolier iranien Grace 1.

Le navire avait été arraisonné le 4 juillet par les autorités de Gibraltar, territoire situé à l’extrême sud de l’Espagne, qui le soupçonnaient de livrer du brut à la Syrie en violation des sanctions de l’Union européenne contre Damas.

Téhéran nie cette accusation et dénonce un acte de « piraterie » envers le navire chargé de 2,1 millions de barils de brut.

Mardi, le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, avait déclaré que l’Iran ne laisserait « pas cette malveillance sans réponse ». « Nous y répondrons au moment et à l’endroit opportuns », avait-t-il ajouté sans plus de précision.

Washington a dénoncé vendredi soir la « surenchère de la violence » de l’Iran. « C’est la seconde fois en un peu plus d’une semaine seulement que le Royaume-Uni est pris pour cible par la surenchère de la violence du régime iranien », a indiqué Garett Marquis, porte-parole du Conseil de sécurité nationale américain, dans un communiqué.

Le président américain Donald Trump a assuré de son côté que les États-Unis avaient été « informés » des événements dans le Golfe et qu’ils « échangeront » et « travailleront avec le Royaume-Uni » à ce sujet.

Avec AFP