Publié par Guy José KOSSA, le 22 avril 2019

En lettres de sang et de larmes, moi, simple citoyen de Centrafrique, je veux écrire et dire aujourd’hui à mon peuple : la RCA est morte à Khartoum et enterrée à Addis-Abeba. Faustin Archange Touadera le Chef de l’Etat a depuis lors trahi notre cher et beau pays, et son Chef du gouvernement Firmin Ngrebada a définitivement livré nos populations aux mains de leurs bourreaux et oppresseurs.

Après plusieurs années d’une interminable guerre civile sans vainqueurs ni vaincus – mais plutôt des victimes par dizaines de milliers -, les dirigeants centrafricains ont choisi librement de se rendre à leurs adversaires au nom de la paix. Une paix conçue et conclue au nom des Centrafricains. Au change, une paix –loin d’être acquise -, mais une servitude volontaire et une humiliation acceptée et assumée par le pouvoir de Bangui. Toute honte bue.

Ainsi, sous prétexte de sauver des vies humaines de la guerre qu’ont réussi à imposer aux Centrafricains la horde de barbares et de voyous venus de près et de loin, les autorités de la RCA, n’ont guère trouver mieux, que de se défausser de leur hautes responsabilités, de se rendre coupable de compromission et de parjure, au travers d’un Accord aussi avilissant que mystérieux. Un Accord qui au final, disculpe, amnistie et protège désormais les envahisseurs et les criminels, en même temps qu’il enferme et condamne définitivement le Chef de l’Etat et son Premier Ministre dans une nasse de concessions permanentes mais surtout de trahisons honteuses de leur peuple.

Diantre ! Fut-il au nom de la paix, la « potion Touadera » concoctée par les gourous de Khartoum et agrémentée par les prestidigitateurs et autres contorsionnistes réunis à Addis -Abeba, n’en est pas moins criminelle. Et à coup sûr, elle occasionnera encore plus de victimes qu’il n’y paraît, plus de dégâts qu’il en eut hier.

En effet, pire que l’épée ou l’arme à feu susceptible d’atteindre et de tuer sur le coup leur cible, ou, – sur un autre registre -, une partition en bonne et due forme, qui aurait défini clairement les règles du jeu, Khartoum, en réalité, a introduit pour mieux le distiller, un redoutable poison mortel pompeusement dénommé Accord de paix. Et sous nos yeux, s’installent et se manifestent déjà tous les effets néfastes d’une entente toxique. Ce n’est d’ailleurs que le début, car ce poison venu de Khartoum, continuera d’attaquer, d’affecter et de faire encore et toujours plus de victimes, qu’elles appartiennent aux générations présentes ou à celles à venir.

Tout bien considéré, le tribut que l’on veut nous condamner à verser pour cette fausse paix, coûte et coûtera encore plus cher que le sang qui, quoiqu’on dise, continue toujours de couler dans notre pays, sous sa forme la plus « acceptable » et insidieuse, mais la plus pernicieuse, parce que silencieuse sans cesser d’être dramatique : regardez et voyez autour de vous, tous ces morts par centaine qu’on enterre quotidiennement ; tous ces malades que l’on n’arrive plus à soigner, tous ces orphelins que l’on a sacrifiés ainsi que ces veuves abandonnées ! Ce sont là tous, les victimes de ces criminels que l’on célèbre et honore à Bambari et ailleurs.

Alors, si la paix n’a pas de prix ou s’il en a un, dans tous les cas, cette facture-là, le peuple doit non seulement la rejeter en refusant de la régler, mais aussi s’interdire de la négocier. Car à la vérité, cette paix que l’on veut nous vendre à ce prix, c’est notre propre suicide collectif joliment emballé.

Dès lors, si vivre dans la honte, l’humiliation, le déshonneur et l’indignité est la forme nouvelle de la guerre qu’ils veulent nous imposer, Touadera et ses désormais amis que sont les rebelles et autres sanguinaires froids, devraient trouver en toutes circonstances le peuple debout sur leur chemin.

Tenez !
Toutes ces nominations grotesques intervenues ces derniers temps dans les plus hautes fonctions de l’administration, de même que toutes ces promotions accordées à des criminels notoires dans les grades les plus élevés des Forces Armées Centrafricaines (FACA), ne relèvent en dernière analyse, que de ce cynisme pervers, qui semble être définitivement la marque de fabrique du régime Touadera, à jamais vautré dans une posture de défiance volontairement provocatrice, qui pousse au final ses principaux dirigeants à ne rater aucune occasion de se tromper, et en se trompant, de trahir le peuple.

Faisant preuve d’une impudence toujours plus éhontée, l’on s’autorise en pleine conscience, d’infliger au peuple, toujours plus de souffrances. À croire que ce peuple ne souffre pas déjà assez, lui qui survit et peine à se relever de ses profonds traumatismes. Pire, on poursuit même les morts et les martyrs dans leur dernier retranchement, pour profaner et salir leur mémoire, à travers des décisions iniques et cyniques, toutes, aussi insensées les unes que les autres.

Par ailleurs, s’il en est qui pensent naïvement que toutes ces bandes criminelles, sans y être contraintes, sont parties pour céder un seul mètre carré des territoires qu’elles ont conquis, ou encore se déposséder volontairement de toutes leurs armes, ou pire, se limiter à la résidence préfectorale de Bambari sans tenter de s’installer au palais de la Renaissance, que ceux qui y croient dis-je, veuillent dès à présent se détromper.
Et de toute évidence, Inutile de se fier ou de compter sur cette communauté internationale de traîtres, de complices et de mafieux pour nous tirer d’affaire.

Peuple de Centrafrique mon peuple ! Puisque les morts ne peuvent plus revenir parmi nous pour se faire entendre ni pour se plaindre, qu’avons-nous donc, nous les vivants, à avoir si peur et à nous taire de la sorte ? Qu’attendons-nous pour nous lever afin de défendre nos droits et nos libertés ? Devrions-nous toujours patienter et attendre passivement à notre tour, que la mort nous surprenne et nous tombe dessus? Aurions-nous choisi de sacrifier ainsi notre pays et nos enfants ?

Voilà pourquoi au nom de toutes les victimes des barbaries de l’Eglise de Fatima,
Au nom des prêtres assassinés et de toutes les personnes sauvagement tuées à Bambari,
Brûlées à Kaga-Bandoro et à Bouca
Sacrifiées à Bangassou, Bria, Batangafo, Bocaranga, Bossangoa et dans toutes les villes de la Rca,
Au nom de tous les vivants à jamais condamnés à vivre avec leurs traumatismes, leurs handicaps, et leurs infirmités,
Au nom des veuves et veufs éplorés,
Au nom des orphelins de Centrafrique qui pleurent leurs parents enterrés dans des fosses communes,

À leur nom à toutes et tous,
Il convient d’exhorter aujourd’hui le Président de la République et son chef du gouvernement à faire preuve d’un minimum d’empathie à l’égard des vivants et de plus de décence à l’égard des Centrafricains morts pour la République.

Et puisque notre HONNEUR et notre PAIX dans la LIBERTÉ et la DIGNITÉ semblent désormais avoir pour seul prix, notre capacité de RÉSISTANCE et notre engagement pour la DÉSOBÉISSANCE CIVILE,
Tous autant que nous sommes et chacun à sa manière, nous devons sans plus hésiter et sans attendre, en prendre le chemin.

La RÉSISTANCE et la DÉSOBÉISSANCE CIVILE auxquelles j’appelle les Centrafricains, ne constituent guère une manifestation d’OPPOSITION ou de Partis politiques. Ce n’est pas l’affaire de:

Anicet Georges DOLOGUÉLÉ et les militants de l’URCA
Nicolas TIANGAYE et la CRPS
Joseph BEDOUNGA et le MDREC
Crépin-MBOLI-NGOUMBA et la PATRIE
Gervais LAKOSSO et Paul Crescent BENINGA, du Groupe de Travail de la Société Civile.
NON !

C’EST L’AFFAIRE DU PEUPLE QUI ENTEND SE LEVER POUR DIRE NON À CEUX QUI VEULENT LE SOUMETTRE À L’ESCLAVAGE ET LE COUVRIR D’HUMILIATIONS ET DE HONTE SUR LA TERRE DE SES AÏEUX.

Chers compatriotes,
Quand la coupe est pleine et déborde, seule la lutte libère.
LA RÉSISTANCE et la DÉSOBÉISSANCE CIVILE doivent désormais être le combat du peuple, de tout le peuple.
Jusqu’à la VICTOIRE finale.