Le président ivoirien, Alassane Ouattara, et le président de la Commission de l’UEMOA, Abdallah Boureima (d), lors du sommet des chefs de l’État, à Abidjan, en Côte d’Ivoire, le 12 juillet 2019.
© REUTERS/Luc Gnago
Par RFI Publié le 14-07-2019 Modifié le 14-07-2019 à 00:07

La future monnaie commune à l’espace Cédéao, il en a été question vendredi 12 juillet à Abidjan, lors du sommet des États membres de l’UEMOA, c’est-à-dire la zone franc. Selon le président ivoirien, Alassane Ouattara, dès l’an prochain le franc CFA pourrait être rebaptisé « eco», qui sera aussi le nom de la future monnaie de la Cédéao. Le président ivoirien a par ailleurs plaidé pour un maintien d’un taux de change fixe avec l’euro. Un point qui fait débat
Les propos d’Alassane Ouattara prouvent que le débat entre taux de change fixe et taux de change flexible pour la future monnaie commune à la Cédéao n’est pas encore réglé. Alassane Ouattara est convaincu que le taux de change fixe entre l’euro et le CFA a fait ses preuves en protégeant, au fil du temps, la zone UEMOA et par conséquent les consommateurs, de l’inflation. « Il faut que cela soit maintenu », plaide-t-il.

Or, lors du dernier sommet de la Cédéao, à Abuja, fin juin, les chefs d’État ont inscrit, en toutes lettres, que l’« eco », la future monnaie de la Cédéao, aura un taux de change flexible vis-à-vis d’un panier de devises.

En apparence donc, il y a une contradiction. En réalité, il est acquis que cette future monnaie commune commencera dès l’an prochain avec les pays qui sont prêts, c’est-à-dire ceux qui respectent le mieux les critères de convergence. Il se trouve que c’est la zone CFA qui converge le mieux. Donc, on commencera avec l’UEMOA et l’on pourrait – si les chefs d’État le décident – voir le CFA rebaptisé « eco », en attendant de l’élargir aux autres pays de la Cédéao, dans un deuxième temps.

Alassane Ouattara compte profiter de l’avantage qu’auront alors les précurseurs pour plaider en faveur d’un taux de change fixe. C’est un rapport de force entre d’un côté l’UEMOA et la Cédéao qui se dessine. Reste à savoir encore ce qu’en penseront les Nigérians, incontournables dans les questions monétaires d’Afrique de l’Ouest.