Mme Isabelle Dacko, Centrafricaine de son état est passionnée de crochet. Chez nous à Bangui, nombreux sont ceux qui possèdent des talents cachés. Le sien, c’est depuis l’enfance qu’il sommeille et c’est donc tout naturellement qu’aujourd’hui, Isa, comme ses proches l’appellent, s’y adonne pleinement. Tellement qu’elle excelle dans cet art, avec son crochet, c’est tout simplement « les doigts de fée de Isa ». Le travail manuel est un sacerdoce, il mérite que les projecteurs soient tous allumés !

Parlez-nous des merveilles que vous faites avec vos mains et la laine ?
Le crochet c’est ma passion. Je fais tellement de belles choses d’où ce pseudonyme de « doigts de fée de Isa  » par certains membres de ma famille.

Comment avez-vous démarré ?
J’ai appris les bases du crochet dès mon plus jeune âge, au Lycée Pie XII de Bangui. J’en ai vraiment fait ma passion dans les années 90 en créant des vêtements pour mes tantes, mes soeurs et moi-même. J’ai commencé à commercialiser mes créations en 2000.

Est-ce que cela marche et est-ce que vous en vivez ?
Malheureusement cela ne marche pas comme je le souhaiterai et je n’en vis pas. La majorité des gens ne connaissent pas la valeur des produits faits mains. C’est terrible, souvent, les gens pensent que ce sont des articles issus des friperies que je revends. Incroyable! C’est dommage!

Avez-vous pensez à créer, déposer votre marque ?
Oui j’y pense de plus en plus. Mais honnêtement, je n’ai pas encore entamé les démarches.

Quelles sont vos perspectives dans ce secteur ?
Mes perspectives dans ce secteur sont d’emmener plus de filles à s’y intéresser. J’ai d’ailleurs créé une ONG dans ce sens, appelée « Le Groupement des Femmes pour le Développement  » en abrégé  » GFD ». J’ai déjà eu l’agrément du Ministère de l’Intérieur. Le démarrage a pris du retard indépendamment de ma volonté.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrées ?
Depuis quelques années, j’ai démarré la formation de jeunes filles Malheureusement? malgré le faible coût de 2 000 CFA pour l’inscription et 5 000 CFA mensuel, les intéressées n’ont pas les moyens de payer. Je dispense donc les cours gratuitement.

Des conseils pour ceux ou celles qui voudraient suivre vos traces ?
Pour ceux et celles qui veulent suivre mes traces, faire du crochet c’est bien mais il faut avoir de la patience et surtout de la volonté. Je conseille aux filles – mères et surtout à celles qui ont abandonné le chemin de l’école de s’intéresser au crochet. Cela pourrait être une activité génératrice de revenus pour elles.

Propos recueillis par Lydie NZENGOU KUMAT-GUERET