De droite à gauche: Candide Azannaï, Boni Yayi, Nicephore Soglo et Rosine Vieyra Soglo, à Cotonou, le 29 avril 2019.
© Carine Frenk/RFI

Par RFI Publié le 29-04-2019 

Après des élections législatives marquées par une très forte abstention, l’opposition a demandé au chef de l’État, lundi 29 avril, l’arrêt du processus électoral. La présidence n’a pas tardé à réagir.
Au siège de la Renaissance du Bénin, rebaptisé « siège national de la résistance », ils sont tous là : les deux anciens présidents Boni Yayi et Nicéphore Soglo, son épouse Rosine Vieira Soglo, doyenne de l’Assemblée nationale, l’ancien ministre Candide Azannaï, le représentant de l’USL, Sébastien Ajavon, qui vit en exil en France, ainsi que le président du Parti communiste.

C’est Nicéphore Soglo qui a lu la déclaration conjointe. Il s’est dit fier du peuple béninois qui s’est donc, dit-il, « massivement abstenu » et qui a infligé « un démenti cinglant » à Patrice Talon. Il demande au chef de l’État de stopper le processus électoral avant ce mardi, au plus tard.

« Il est encore temps. Nous sommes ouverts au pardon. Qu’il renoue le dialogue avec l’ensemble de la classe politique afin de trouver des solutions consensuelles pour des élections démocratiques et apaisées. Ce n’est pas la mer à boire », a déclaré Nicéphore Soglo.

Une élection qui « n’honore pas le Bénin » pour les observateurs de la société civile

De son côté, la plateforme électorale de la société civile a présenté lundi ses conclusions devant les ambassadeurs et la presse. Pour elle, cette élection « n’honore pas le Bénin ».

Sur le terrain, les 700 moniteurs des observateurs de la société civile ont également noté une faible affluence. En témoignent les indications de Fatoumata Batoko Zossou, présidente de la plateforme des organisations. « Les chiffres expriment une situation inédite. Il est fortement probable que le taux de participation reste le plus bas depuis l’avènement du renouveau démocratique », a-t-elle déclaré.

Joël Atayi Guèdègbé, membre de la plateforme, tente une explication sur ce faible taux de participation : « Par respect du boycott, par peur d’affrontement, sinon un désintérêt pour un processus dénué d’enjeu, d’offre pour les électeurs ».

Joël Atayi Guédègbé recense également les incidents survenus lors de cette journée de vote : « Incendie de matériel électoral ; il y a eu aussi des accrochages, il y a eu ensuite des intimidations à l’aide de forces occultes endogènes. » La plateforme déplore également deux morts au cours d’affrontements dimanche à Savè et Parakou, sans donner plus de précisions. Un bilan qui n’a pas pu être confirmé par une autre source et formellement démenti par le gouvernement qui indique que l’armée et la police n’ont pas fait usage d’armes à feu.

Les observateurs de la société civile recommandent au gouvernement d’évaluer la pertinence et le maintien ou non des points difficiles à appliquer dans le code électoral et la Charte des partis politiques.