Le président Emmanuel Macron posant aux côtés du président malien Ibrahim Boubacar Keita, du président tchadien Idriss Deby et du président nigérien Mahamadou Issoufou à l’Élysée dans le cadre du sommet de la paix à Paris, le 12 novembre 2019. Johanna Geron, Reuters
Texte par : FRANCE 24
Publié le : 12/12/2019 – 09:18 Modifié le : 12/12/2019 – 09:18

À la suite de l’attaque terroriste d’un camp militaire au Niger, le président français Emmanuel Macron, en accord avec son homologue nigérien Mahamadou Issoufou, a décidé de reporter à début 2020 le sommet avec les dirigeants des cinq pays du Sahel, prévu en France le 16 décembre.

En accord avec le président nigérien, Emmanuel Macron a annoncé, mercredi soir, le report du sommet sur le Sahel, prévu le 16 décembre, à début 2020. Cette décision a été prise à la suite de l’attaque qui a tué 71 soldats dans un camp militaire, mardi, au Niger – et qui a été revendiquée par l’organisation État islamique.

Le chef d’État français devait réunir lundi 16 décembre, à Pau, dans le sud-ouest de la France, les dirigeants du G5 Sahel – Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad –, alors que Paris réexamine les modalités de son intervention au Sahel après le décès de 13 soldats français dans une collision d’hélicoptères au Mali.

Soixante-et-onze morts

Une attaque perpétrée par plusieurs centaines de combattants jihadistes mardi contre un camp militaire au Niger, non loin de la frontière avec le Mali, a fait 71 morts parmi les soldats, a fait savoir mercredi un porte-parole de l’armée nigérienne.

Emmanuel Macron a exprimé « son soutien et sa solidarité » à son homologue nigérien à la suite de l’attaque qui vient de frapper très lourdement l’armée nigérienne dans la région d’Inates, a déclaré la présidence française dans un communiqué. Ce bilan est le plus lourd subi par l’armée nigérienne depuis le début des attaques terroristes dans le pays, en 2015.

Emmanuel Macron a dépêché sur place le chef d’État-major des armées qui y rencontrera le président Issoufou, précise l’Élysée.

« Les deux présidents ont marqué leur détermination à rester unis face à la menace des groupes terroristes et à redéfinir ensemble, dans les semaines à venir, le cadre politique et opérationnel pour agir pour la sécurité des populations et des États du Sahel », écrit-elle dans le communiqué.

« Clarification » sur la présence militaire française

Emmanuel Macron avait annoncé ce sommet le 4 décembre, à l’issue du sommet de l’Otan, pour « clarifier » leur position sur la présence militaire française au Sahel, de plus en plus contestée par leurs opinions publiques.

Il attend des cinq chefs d’État africains qu’ils « assument » publiquement le fait que les soldats français sont au Sahel à la demande des pays concernés, et non pas pour des « visées néocoloniales ». Faute de quoi, avait-il indiqué, il en tirerait toutes les conséquences.

Mercredi, l’Élysée a précisé que toutes les options étaient sur la table, y compris un retrait des 4 500 hommes des troupes françaises de la force Barkhane, qui depuis quatre ans luttent contre les groupes terroristes au Sahel.

La France a demandé à ses partenaires européens d’accroître leur soutien, alors que les jihadistes multiplient les actions meurtrières dans la région, en particulier au Mali, au Niger et au Burkina. Ce sujet sera évoqué lors du sommet européen de jeudi 12 et vendredi 13 décembre.

Paris met également sur pied une opération baptisée « Tacouba », réunissant des forces spéciales de plusieurs pays européens, afin d’apporter des renforts à l’armée malienne, en difficulté face à la poussée des attaques jihadistes. Déjà huit pays ont répondu à l’appel de la France, a précisé l’Élysée mercredi.

Avec AFP et Reuters