Le Premier ministre britannique Boris Johnson le 12 octobre 2020 (image d’illustration). REUTERS/Toby Melville/Pool
Texte par : RFI
Publié le : 16/10/2020 – 14:01 Modifié le : 16/10/2020 – 16:53

Le Royaume-Uni « doit se préparer » à un échec des négociations commerciales post-Brexit avec l’Union européenne, selon le Premier ministre Boris Johnson. Selon lui, il faudrait un « changement fondamental » d’approche des 27 pour éviter un Brexit sans accord.

Boris Johnson avait fait de ce sommet européen une date butoir pour la conclusion d’un accord de libre-échange, rappelle notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix. Et au vu des conclusions des 27 qui demandent à Londres de faire le premier des compromis, on s’attendait à ce que le dirigeant britannique fasse une réponse saillante :

« Étant donné que ce sommet semble exclure clairement un accord sur le modèle du Canada j’en ai conclu que nous devrions nous préparer pour le 1er janvier à des relations plus proches du modèle australien basé sur des principes simples de libre-échange international. Si l’Union européenne change fondamentalement d’approche, alors bien sûr nous sommes prêts à écouter, mais les conclusions de Bruxelles n’étaient pas encourageantes… »

Le Premier ministre conditionne donc la suite des négociations à « un changement fondamental d’approche » de la part des Européens, malgré la menace d’un no deal le 1er janvier. Le sommet européen de jeudi a donné lieu à un nouveau dialogue de sourds, les 27 exigeant des concessions de Londres, tout en disant vouloir poursuivre les pourparlers pour arriver à un accord de libre-échange avant l’année prochaine, quand les règles européennes cesseront de s’appliquer au Royaume-Uni.

Négociations à Londres prévues lundi

De leur côté, les Européens maintiennent leur volonté de continuer à négocier après la déclaration de Boris Johnson. Les négociateurs européens se rendront à Londres, lundi 19 septembre, pour intensifier les pourparlers a rapidement répondu Ursula von der Leyen. « L’Union européenne continue à oeuvrer pour un accord, mais pas à n’importe quel prix. Comme prévu, notre équipe de négociation se rendra à Londres la semaine prochaine pour intensifier ces négociations », a twitté la dirigeante allemande.

Mais ces derniers attendent notamment que l’accord de sortie déjà signé soit appliqué par le Royaume-Uni. Ils espèrent en plus un geste du Royaume-Uni. De son côté, le président français Emmanuel Macron insiste sur les efforts que doivent fournir les Britanniques. Lors d’un point de presse, il a déclaré que les négociations avec Londres ne butaient pas uniquement sur la question de la pêche mais sur tous les sujets.

Fin des règles européennes prévue le 1er janvier

Pour l’instant, les discussions pour arriver à un accord de libre-échange n’ont toujours pas connu de percée majeure. Un no deal, potentiellement dévastateur pour des économies déjà fragilisées par la pandémie, se fait de plus en plus menaçant. Le 1er janvier, les règles européennes cesseront de s’appliquer au Royaume-Uni. Depuis le début des discussions en mars, les deux parties ne cessent de s’accuser mutuellement de bloquer la conclusion d’un accord.