Le suspect se trouve dans les locaux de la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire, en banlieue parisienne, depuis mardi 28 mai 2019. Lionel Bonaventure, AFP

Texte par : FRANCE 24

Arrêté lundi, un Algérien de 24 ans a avoué mercredi avoir conçu le colis piégé dont l’explosion a fait 13 blessés à Lyon vendredi dernier. Les enquêteurs tentent encore d’éclaircir les raisons de son acte.

Le principal suspect de l’attentat de Lyon s’était montré « peu loquace » depuis son arrestation, lundi. Après 48 heures de garde à vue, il a fait ses premiers aveux, reconnaissant avoir conçu le colis piégé dont l’explosion a fait 13 blessés légers vendredi, rapportent mercredi 29 mai des sources proches du dossier à l’AFP. Il a affirmé avoir agi seul.

Jusqu’à son transfert mardi soir dans les locaux de la sous-direction antiterroriste (Sdat) de la police judicaire en banlieue parisienne, Mohamed Hichem M., un Algérien de 24 ans, s’était montré peu coopératif, selon ces sources.

Plusieurs éléments du dossier étaient pourtant accablants. L’enquête a notamment pu déterminer que « le profil génétique identifié sur les éléments de l’engin explosif correspond à celui du principal suspect ». Lors des perquisitions menées au domicile familial d’Oullins, dans la proche banlieue lyonnaise, « des éléments susceptibles d’entrer dans la composition du TATP (un explosif) ont été retrouvés ».

Des « incohérences » dans le dossier

Malgré ces premiers aveux, ses motivations restent mystérieuses. L’exploitation du matériel informatique saisi au cours des perquisitions a toutefois « mis en évidence des recherches sur Internet relatives au jihad et à la fabrication d’engins explosifs ».

Il y a « un caractère étrange entre la disproportion d’un procédé technique très performant et un volume d’explosif très faible. Il y a de vraies incohérences dans ce dossier », avait commenté le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, rappelé à l’ordre mardi par le procureur de Paris pour avoir rendu publics des éléments couverts par le secret de l’enquête.

Le jeune homme, interpellé lundi matin à la descente d’un bus dans le VIIe arrondissement de Lyon, était inconnu de la plupart de ses voisins de sa résidence d’Oullins, avalisant la piste d’une personnalité très discrète. D’abord présenté comme un « étudiant en informatique », Mohamed Hichem M. était en réalité « sans activité ». L’école lyonnaise où il était supposé être inscrit a précisé qu’il n’avait jamais fait partie de l’établissement en raison du « refus de la délivrance de son visa. »

« Il avait des visas de court séjour et il a fait ensuite une demande de visa étudiant pour rentrer dans une école. Il n’a pas eu de visa étudiant », a confirmé de son côté Christophe Castaner.

Avec AFP