Gregory Minott est venu aux États-Unis de sa Jamaïque natale il y a plus de deux décennies avec un visa d’étudiant et a pu se tailler une carrière en architecture, à Handover, 12 juin 2020.
juillet 14, 2020
Nastasia Peteuil VOA

Le gouvernement américain a finalement renoncé à sa décision controversée de priver de visas les étudiants étrangers dont les cours resteraient virtuels à la rentrée universitaire pour cause de pandémie.

La décision, qui avait été annoncée par la police de l’immigration le 6 juillet, avait été attaquée en justice par de nombreuses universités, dont Harvard et MIT, avec le soutien des syndicats d’enseignants et près de 20 Etats américains.

Selon le New York Times, plus d’une douzaine de sociétés technologiques, dont Google, Facebook et Twitter, ont également manifesté leur soutien aux universités, arguant que la politique nuirait à leurs entreprises.

« La compétitivité future de l’Amérique dépend de l’attraction et de la rétention d’étudiants internationaux talentueux », ont déclaré les entreprises dans des documents judiciaires.

« Les parties sont arrivées à une solution (…) le gouvernement a accepté d’annuler la décision », a indiqué une juge de Boston, Allison Burroughs, lors d’une audience par téléconférence qui n’a duré que quelques minutes.

Des milliers d’étudiants risquaient d’être expulsés, alors que la pandémie continue de progresser aux Etats-Unis et que de nombreux Etats ont dû rétablir des mesures de confinement dans l’espoir de l’endiguer.

Les universités Harvard et MIT avaient demandé le blocage d’une décision qu’ils qualifiaient d' »arbitraire et capricieuse », et visant à « forcer les universités à reprendre l’enseignement en présentiel », au mépris des risques sanitaires encourus alors que la pandémie continue de progresser aux Etats-Unis.

Le président Donald Trump, qui joue sa réélection en novembre en partie sur la relance de l’économie américaine, ne cesse d’appeler à la réouverture des établissements scolaires à la rentrée.

Il a cité l’exemple de plusieurs pays européens qui ont « ouvert les écoles sans problème » et menacé les élus démocrates — qu’il accuse de vouloir maintenir les écoles fermées pour des raisons politiques — de couper leurs subventions fédérales s’ils ne les rouvraient pas.