Warning: Paris Saint-Germain’s Qatari president Nasser Al-Khelaifi AFP/File
Texte par : FRANCE 24
Publié le : 20/02/2020 – 12:48 Modifié le : 20/02/2020 – 12:48

La justice suisse a inculpé le président du PSG, Nasser Al-Khelaïfi, et l’ancien numéro deux de la Fifa, Jérôme Valcke, dans une affaire de corruption concernant « l’attribution de droits médiatiques » des compétitions de la Fifa, a annoncé jeudi le bureau du procureur général de Suisse.

La justice rattrape le président du Paris Saint-Germain, Nasser Al-Khelaïfi, et l’ancien numéro deux de la Fifa, Jérôme Valcke. Les deux hommes ont été inculpés en Suisse dans l’enquête portant sur l’octroi de droits de retransmission de plusieurs éditions de la Coupe du monde de football et de la Coupe des confédérations, a indiqué le bureau du procureur général suisse dans un communiqué, jeudi 20 février.

Le dirigeant qatarien a trouvé un accord amiable avec la Fifa, qui a par conséquent retiré sa plainte pour corruption contre lui, a fait savoir le bureau du procureur général suisse (MPC).

« Je suis satisfait que toutes les accusations de corruption en lien avec les Coupes du monde 2026 et 2030 aient été abandonnées », a réagi le patron du PSG. « Même si une seconde accusation demeure, je suis persuadé qu’il sera prouvé qu’elle est sans fondement. »

« Une seule et unique infraction »

Pour l’avocat suisse de Nasser Al-Khelaïfi, Grégoire Mangeat, joint par l’AFP, « le plus important, c’est que toutes les accusations de corruption privée relatives à l’octroi des droits médias ont été abandonnées (contre son client, ndlr). Ces accusations, contestées depuis le premier jour, n’étaient pas solides ».

« Il est désormais admis que le contrat relatif aux droits médias des Coupes du monde 2026-2030 ait été négocié et conclu dans le respect de toutes les règles applicables. Notre client n’est plus accusé que d’une seule et unique infraction : d’avoir incité Jérôme Valcke à ne pas restituer à la Fifa de prétendus avantages. Cette accusation manque de sérieux. Nous sommes confiants et plaiderons l’acquittement plein et entier de notre client », précise l’avocat.

Villa en Sardaigne

De son côté, l’ancien numéro deux de la Fifa Jérôme Valcke a été inculpé dans le même dossier pour « corruption passive, gestion déloyale multiple et qualifiée et faux dans les titres ».

Selon le bureau du procureur, Jérôme Valcke a, entre 2013 et 2015, fait usage de son influence comme secrétaire général de la Fifa « pour influencer en faveur de partenaires médiatiques de sa préférence les processus d’attribution de droits médiatiques, pour l’Italie et la Grèce, de différentes Coupes du monde de football et Coupes des Confédérations de la Fifa dans la période de 2018 à 2030 ».

L’enquête a révélé qu’il avait obtenu des avantages indus des deux co-accusés, comme le remboursement d’un acompte d’environ 500 000 euros qu’il avait versé à des tiers pour une villa en Sardaigne, ce après l’achat de la villa par Nasser Al-Khelaïfi, via une société.

Jérôme Valcke a ensuite obtenu du président du PSG le droit de jouissance exclusif de la villa pour une période de 18 mois au total – jusqu’à sa suspension de la Fifa en 2015 – sans s’être acquitté d’un loyer d’une valeur estimée entre environ 900 000 et 1,8 million d’euros.

L’ancien numéro deux de la Fifa, par ailleurs suspendu dix ans par l’organisation faîtière du football mondial pour d’autres faits de corruption, a également reçu du troisième homme trois paiements d’une valeur totale de 1,25 million d’euros via sa société Sportunited Sarl.

Le MPC reproche à Jerôme Valcke de s’être « enrichi de manière illégale » et de ne pas avoir communiqué les « avantages » reçus à la Fifa, « se comportant ainsi de manière contraire à ses devoirs dans le cadre de son activité de secrétaire général ».

Cette procédure pénale avait été ouverte en mars 2017 notamment sur la base d’une plainte de la Fifa déposée en décembre 2016 pour corruption privée contre les trois prévenus. Mais le MPC a aussi annoncé jeudi « le classement partiel » de la procédure à la suite du « retrait partiel de la plainte de la Fifa ».

La Fifa a informé le MPC fin janvier 2020 avoir trouvé avec Nasser Al-Khelaïfi « un accord amiable » concernant les accusations de corruption active et passive entre le dirigeant qatarien et Valcke en lien avec les Coupes du monde de football 2026 et 2030, sans que l’on ait de détails sur cet accord.

« La corruption de personnes privées étant dans ce cas concret un délit poursuivi sur plainte, le retrait de la plainte pénale a pour conséquence qu’une condition à la poursuite pénale de ce délit n’est plus remplie », précise le MPC.

Avec AFP et Reuters