France 24
Par : Tarek KAI Première publication : 21/06/2019 – 18:56 Dernière modification : 21/06/2019 – 20:00

Dans un entretien accordé à France 24, le leader de l’opposition soudanaise Sadek al-Mahdi appelle à une enquête indépendante sur la répression d’un sit-in le 3 juin dernier, qui a causé la mort d’une centaine de manifestants.

Le leader de l’opposition soudanaise Sadek al-Mahdi a appelé, dans un entretien exclusif accordé à France 24, à une enquête indépendante sur la répression d’un sit-in le 3 juin 2019, par des milices alliées du Conseil militaire de transition. Une centaine de manifestants y avaient trouvé la mort.

Le Conseil militaire de transition, en poste à Khartoum depuis l’éviction du président Omar el-Béchir en avril, a pour le moment rejeté tous les appels à une enquête internationale et indépendante sur la dispersion du sit-in.

L’incident est survenu après l’échec des négociations entre les militaires et les leaders de l’opposition, qui poursuit les manifestations demandant l’instauration d’un gouvernement civil à la tête du Soudan.

« Le Conseil militaire a déjà fait plusieurs déclarations contradictoires, donc nous avons besoin d’une enquête dans laquelle tous puissent avoir confiance. Le nombre de morts et le bain de sang qui a eu lieu ne seront pas acceptés sans une enquête fiable », affirme Sadek al-Mahdi à France 24.

Gouvernement d’experts

Sadek al-Mahdi, qui est imam et a été le dernier Premier ministre soudanais à être élu démocratiquement, a été évincé en 1989 par une alliance entre des islamistes et des responsables de l’armée qui ont ensuite formé le noyau dur du régime d’Omar el-Béchir.

« Tous nos problèmes viennent du fait que le Conseil militaire a pris le pouvoir sans avoir de plan » de gouvernement, estime Sadek al-Mahdi au sujet des événements qui ont suivi le départ du président el-Béchir le 11 avril. Toutefois, le leader de l’opposition se dit confiant que le Soudan trouvera une sortie de crise « avec un effort de médiation nationale, soutenu par des médiateurs régionaux et internationaux ».

L’ex-Premier ministre appelle aussi à la formation d’un « gouvernement d’experts sans appartenance politique » pour faire sortir le pays de la crise et organiser des élections libres. Selon lui, les membres du Conseil militaire pourraient prendre part à l’exercice démocratique tant qu’ils en respectent les règles.

« Ils devront prendre un rôle civil et former un parti politique pour participer à ces élections générales libres », dit-il à propos des membres du Conseil à la tête du pays. « Nous n’accepterons aucun ordre qui viendrait des fusils », ajoute-t-il.