C’est quoi le Brexit ?

Le « Brexit » est une abréviation de « British Exit », désignant la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE). Le 23 juin 2016, lors d’un référendum organisé par l’ancien Premier ministre David Cameron, 51,9% des Britanniques ont choisi de quitter l’UE.

Le Royaume-Uni est composé de quatre nations constitutives : l’Angleterre, l’Écosse, le Pays de Galles et l’Irlande du Nord. Les trois dernières ont des administrations dévolues, chacune avec des pouvoirs variés, basés dans leurs capitales régionales, respectivement Édimbourg, Cardiff et Belfast.

 Pour comprendre ce qu’est le Brexit, il faut d’abord expliquer ce qu’est le Royaume-Uni. Il s’agit d’un pays qui regroupe plusieurs territoires. Il y a d’abord la Grande-Bretagne, qui réunit trois régions : l’Angleterre, le pays de Galles et l’Ecosse, situées sur la même île. Puis il y a la région de l’Irlande du Nord, située au nord de l’île voisine et qui est à côté d’un autre pays, la République d’Irlande.

 Ce pays est une monarchie. Ça veut dire qu’il y a un roi ou une reine. Depuis 65 ans, c’est Elizabeth II. Ce n’est pas elle qui dirige le pays mais la Première ministre, Theresa May.

Le Royaume-Uni a décidé il y a plus de quarante ans d’appartenir à un groupe de pays qui s’appelle l’Union européenne. La France en fait partie aussi.

 Mais voilà, le Royaume-Uni a choisi de quitter l’UE. Depuis quelques semaines, il discute avec l’Union européenne de la façon d’organiser sa sortie. Ce sont les habitants eux-mêmes, les Britanniques, qui ont pris cette décision l’an dernier. Le gouvernement a organisé un référendum, c’est-à-dire un vote sur un sujet précis et non pour une personne. Il leur a demandé s’ils voulaient quitter l’UE, et la majorité a répondu oui. On appelle ça le Brexit. Ce mot rassemble deux termes anglais: «Britain» (Grande-Bretagne) et «exit» (sortie).

 Pourquoi les Britanniques veulent-ils partir ? Il y a trois grandes raisons : 

– Ils ne veulent plus que l’Union européenne leur impose certaines lois. 

– Ils estiment qu’être dans l’UE coûte trop cher : le Royaume-Uni donne plus d’argent à l’Europe qu’il n’en reçoit. 

– Ils en ont assez que des citoyens d’autres pays de l’UE viennent s’installer et travailler librement au Royaume-Uni, ce qui est autorisé entre pays européens. 

Mais quitter l’Union européenne, ça ne se fait pas en claquant des doigts. C’est un peu comme quand un couple divorce : avant de signer le papier qui officialise la séparation, il faut se mettre d’accord sur tous les éléments. Qui va rester dans la maison, qui va garder la voiture, comment on s’arrange avec les enfants ? 

Le Royaume-Uni et les 27 autres pays européens vont discuter pendant au moins deux ans pour négocier tous les éléments de la séparation. 

https://www.liberation.fr/planete/2017/04/07/qu-est-ce-que-le-brexit_1561225 

Theresa May, la Première ministre britannique, espère encore convaincre les députés britanniques de valider l’accord qu’elle a négocié avec l’Union européenne avant la fin mai. © Aris Oikonomou / AFP

Brexit : un report, cinq questions                                                                                                                                                                             L’Union européenne a concédé à la Grande-Bretagne un nouveau report, au 31 octobre, afin qu’un accord soit enfin trouvé pour le Brexit. Un sursis qui donne un peu d’oxygène à la Première ministre Theresa May mais entraîne son lot d’interrogations. 

ON DÉCRYPTE

Le sommet a été tendu, mais au final, Theresa May a obtenu ce qu’elle était venu chercher mercredi soir à Bruxelles : un nouveau report de la date du divorce entre la Grande-Bretagne et l’Union européenne. C’est désormais le 31 octobre, dernier délai –  sauf nouveau rebondissement – que les Britanniques devront quitter le giron de l’UE. La Première ministre britannique, incapable de convaincre son Parlement d’approuver l’accord qu’elle a conclu avec Bruxelles, s’offre là un sursis bienvenu, qui écarte pour l’heure le scénario, redouté par beaucoup, d’un Brexit dur. Mais ce report soulève aussi de nombreuses interrogations. 

Pourquoi le 31 octobre ?

Rien à voir avec Halloween. La date du 31 octobre est en fait issue d’un compromis très européen, à même de contenter (ou de fâcher le moins possible) tout le monde. Officiellement, il s’agit de la veille de l’entrée en fonction de la nouvelle Commission européenne. Mais en fait, les membres de l’Union ont coupé la poire en deux entre les partisans d’un report beaucoup plus large et ceux, comme la France, qui voulaient accélérer les choses. 

« C’est vrai que la position majoritaire était plutôt de donner une extension très longue. Mais à mes yeux ce n’était pas logique », a réagi Emmanuel Macron après l’annonce de la décision du report. « Et surtout, ça n’était ni bon pour nous ni pour les Britanniques. Une extension longue aurait pu donner le sentiment qu’on ne prenait pas en compte le vote, plus de trois ans après, du peuple britannique. Et nous aurions décidé d’affaiblir nos institutions », a estimé le président français. 

La date du 31 octobre est-elle figée ?

Le 31 octobre est une date butoir. Mais les Britanniques peuvent tout à fait quitter l’Union européenne avant cette « deadline ». C’est d’ailleurs la volonté de Theresa May, qui a jusqu’ici été incapable de faire adopter par les députés son accord de divorce, qui comprend un Traité de retrait et une Déclaration politique sur la future relation entre le Royaume-Uni et l’UE. Cette dernière a réaffirmé qu’elle ne rouvrirait pas les négociations sur le Traité de retrait, mais la Première ministre britannique peut jouer sur la Déclaration politique pour trouver un compromis à même de rassembler une majorité parlementaire. 

La dirigeante conservatrice a dans ce but entamé la semaine dernière des discussions avec le chef de l’opposition travailliste, Jeremy Corbyn, une première depuis son arrivée au 10, Downing Street. Elle peut aussi organiser une série de votes au Parlement sur différentes options pour la future relation avec l’UE. Theresa May espère faire adopter son accord avant le 22 mai, car elle veut éviter que son pays participe aux élections européennes, prévues du 23 au 26 mai. Si elle y parvient, les Britanniques sortiront de l’UE le 1er juin. 

« Cette extension est aussi flexible que ce que j’espérais mais un peu plus courte que ce que j’attendais. Mais c’est assez pour trouver la meilleure solution possible », a réagi Donald Tusk, le président du Conseil européen, avant de lancer un appel aux Britanniques : « S’il vous plaît, ne gâchez pas ce temps. » 

L’hypothèse d’un « no deal » est-elle écartée ?

Ce scénario, tant redouté par les milieux économiques, n’est pas écarté. Il signifierait une sortie brutale et sans période de transition, ni plan pour la suite de la relation entre le Royaume-Uni et l’UE. Après 46 ans d’appartenance à l’UE, le pays quitterait du jour au lendemain le marché unique et l’union douanière et serait soumis aux règles de l’Organisation mondiale du commerce. Se poserait aussi avec force – et douleur- la question de la ffrontière entre les deux Irlande. Le « no deal » pourrait donc intervenir le 31 octobre, si Theresa May n’est pas parvenue à faire adopter son accord à l’issue des six mois de délai. L’UE et le Royaume-Uni ont intensifié ces derniers mois leurs préparatifs face à cette éventualité, même si les 27 et les députés britanniques disent ne pas en vouloir. 

Les Britanniques devront-ils voter pour les élections européennes ?

C’est l’une des grandes questions qui restent en suspens. Si Theresa May ne parvient pas à faire adopter l’accord négocié avec l’Union européenne avant le 22 mai, alors les Britanniques devront participer aux élections européennes prévues entre le 23 et le 26 mai. Ils enverraient ainsi des députés au Parlement européen, donnant à cette affaire du Brexit un tour un peu plus surréaliste encore. Autre hypothèse : les autorités britanniques refusent d’organiser des élections. Dans ce cas, un « no deal » interviendrait dès le 1er juin. 

Le Brexit pourrait-il être annulé ?

La question d’une annulation du Brexit reste sur la table, même si seulement une minorité de députés britanniques soutiennent un tel revirement, qui nécessiterait l’organisation d’un nouveau référendum, près de trois ans après celui qui avait vu les Britanniques voter à 52% pour le Brexit en juin 2016. L’option d’un référendum a timidement été évoquée par le Parti travailliste lors de ses discussions avec le gouvernement, mais celui-ci a répété qu’il s’y opposait. Selon la Cour de Justice européenne, le Royaume-Uni peut en tout cas décider de renoncer à quitter l’UE sans avoir besoin de l’aval des autres Etats membres.

 

Brexit : l’UE donne six mois de plus au Royaume-Uni pour réussir sa sortie

Les dirigeants européens et la Première ministre britannique Theresa May se sont mis d’accord dans la nuit de mercredi à jeudi sur un report du Brexit pouvant aller jusqu’au 31 octobre 2019.
Les dirigeants européens et Theresa May sont tombés d’accord dans la nuit de mercredi à jeudi pour un report du Brexit pouvant aller jusqu’au 31 octobre, écartant provisoirement le spectre d’une séparation brutale, à l’issue d’un sommet tendu à Bruxelles.
Le compromis est intervenu à la veille du 12 avril, la date butoir pour le retrait britannique décidée au cours d’un précédent sommet, et qui risquait de devenir celle d’un divorce sans accord après plus de 40 ans d’une union tourmentée.

May attendait un délai plus court. Divisés entre les partisans d’un court report menés par la France et les défenseurs d’un délai plus long, les 27 ont mis plusieurs heures pour forger leur proposition, avant de la soumettre vers 1h30 à la Première ministre britannique. Celle-ci l’a acceptée, même si elle avait plaidé plus tôt pour un report jusqu’au 30 juin seulement. La dirigeante conservatrice a annoncé qu’elle allait s’adresser aux députés britanniques jeudi et la poursuite des discussions avec l’opposition travailliste pour tenter de trouver un compromis à même de rassembler une majorité parlementaire. « Nous pouvons encore sortir le 22 mai », a insisté Theresa May, soulignant qu’il suffisait pour cela que les députés donnent leur feu vert au traité de divorce qu’ils ont déjà rejeté par trois fois.

« La meilleure solution possible ». Nous nous sommes « mis d’accord sur une extension flexible jusqu’au 31 octobre, cela signifie six mois de plus pour le Royaume-Uni pour trouver la meilleure solution possible », s’est félicité le président du Conseil européen Donald Tusk. Pendant ces six mois, le Royaume-Uni « peut encore ratifier l’accord de retrait, auquel cas il sera mis fin à la prolongation, a dit Donald Tusk. Londres garde aussi la possibilité « d’annuler complètement Brexit », a-t-il ajouté.

Une date clé. À l’issue du sommet, le président français Emmanuel Macron a salué « le meilleur compromis possible », qui a « permis de préserver l’unité des 27 ». « La butée du 31 octobre nous protège » car c’est « une date clé, avant l’installation d’une nouvelle Commission » européenne, a expliqué Emmanuel Macron. Selon des diplomates européens, plusieurs pays ont critiqué l’intransigeance de la France, hostile au report d’un an pour lequel plaidaient une majorité de pays. « Il y a eu des sensibilités différentes », a reconnu Emmanuel Macron, disant « assumer » ce « rôle de clarté » et de « fermeté ».

Malgré leur lassitude face aux tergiversations de Londres, les responsables européens étaient tous disposés à donner plus de temps aux Britanniques. Mais Paris menait le camp des pays exigeant des conditions « strictes ». Ces pays s’inquiètent de la capacité de nuisance que pourrait avoir un Royaume-Uni qui garderait un pied dans l’UE et l’autre dehors pendant une durée indéterminée.

Quelles conditions ? Les conclusions du sommet prévoient que le Royaume-Uni devra se comporter « de manière constructive et responsable » pendant la période supplémentaire qui lui a été accordée. Londres devra aussi « s’abstenir de toute mesure susceptible de compromettre la réalisation des objectifs de l’Union ». Un diplomate européen avait notamment suggéré que Londres puisse renoncer à son droit de veto. Le Royaume-Uni gardera « tous ses droits et ses obligations » d’États membres, a cependant souligné Donald Tusk.

Selon une source européenne, le Royaume-Uni « ne désignera pas de commissaire européen mais pourra prendre part à la nomination du nouveau président de la Commission car le vote a lieu à la majorité qualifiée au Conseil ». « Des informations techniques et juridiques apportées par la Commission ont montré que les possibilités pour le Royaume-Uni de prendre en otage les institutions de l’Union sont très réduites. Mais nous devrons rester attentifs », a expliqué le Premier ministre belge Charles Michel.

Quel agenda ? L’accord trouvé prévoit également un « point d’étape » lors d’un sommet européen fin juin. « Ce ne sera pas une session de négociation », a prévenu le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. « Le moment crucial de décision sera en octobre », a-t-il ajouté. Si le Royaume-Uni est encore effectivement membre de l’UE en octobre, cela impliquera que les Britanniques aient participé aux élections européennes fin mai. S’ils ne l’ont pas fait, le Royaume-Uni « devra sortir le 1er juin sans accord », a souligné le Premier ministre irlandais Leo Varadkar, conformément à ce qui est prévu dans les conclusions du sommet.

Le report convenu dans la nuit de mercredi à jeudi « est aussi flexible que je m’y attendais, et un peu plus court que je ne l’espérais », a déclaré Donald Tusk après le sommet. « Mais il reste suffisant pour trouver la meilleure solution possible. S’il vous plaît, ne perdez pas de temps cette fois », a-t-il lancé à l’adresse des Britanniques.

https://www.europe1.fr/dossiers/brexit