Le bazin africain à base de coton est teinté artisanalement pour devenir un tissu damassé caractérisé par la raideur et une éclatante brillance. À partir du coton blanc, la technique tinctoriale permet de former des motifs variés sur le textile amidonné. Le bazin permet de coudre des vêtements agrémentés de broderies et de surpiqûres. Le bazin est également utilisé en décoration d’intérieur pour la fabrication de rideaux ou de linge de table. Le bazin fait l’objet d’un commerce florissant en Afrique. Lors de ses défilés, la styliste camerounaise Thérèse Ngann valorise le bazin avec le tissu pagne et la soie tergal en alliant les cultures locales à l’universalité des matières. Les chanteurs Amadou Bagayoko et Mariam Doumbia ont sorti un album de musique en 2005 pour rendre hommage au bazin.

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Le bazin, une très chère étoffe

Depuis environ deux décennies, le bazin est devenu un véritable phénomène de mode et social au Mali et en Afrique de l’Ouest. C’est au Mali que toute la sous-région vient rechercher la précieuse étoffe. Avec sa raideur majestueuse, ses couleurs explosives, ses broderies originales et son crissement si caractéristique, le bazin est le tissu des grandes occasions par excellence. Le « vrai » damas est devenu un produit de luxe, le damas chinois autorisant le port du boubou en bazin à tous ceux qui ne pouvaient pas se l’offrir jusque-là.

Le prix d’un mètre de Bazin riche varie entre 5 000 et 7 500 Fcfa, contre 2 000 Fcfa maximum pour un bazin léger. Une tenue en bazin revient entre 100 000 Fcfa et 150 000 Fcfa : le bazin à un prix !

Découvrons l’histoire de ce très cher tissu, cher aux Maliennes et aux Maliens, cher aux enfants.

Le bazin, un tissu fabriqué en Europe et en Chine

Le bazin est un tissu damassé 100% coton fabriqué en Europe. Le damas est obtenu en tissant les motifs dans la trame à l’aide de fils fins de coton de qualité supérieure non blanchi. Le tissu est ensuite trempé dans un bain d’alcali pour le blanchir puis plongé dans un autre bain de soude caustique pour redonner aux fibres creuses du coton tout leur gonflant naturel. Il est ensuite lissé à haute température et haute pression dans des cylindres souvent enduits de cire, ce qui lui donnera son éclat de soie et le craquant très apprécié des élégantes africaines.

Le tissage européen du damas, au finissage compliqué, est appelé bazin riche. Les meilleures qualités de ce tissu sont toujours fabriquées en Europe et très appréciées en Afrique Occidentale, où elles sont aujourd’hui utilisées dans la confection des vêtements.

A partir des années 1980, l’Allemagne et les Pays Bas, principaux fournisseurs du tissu vierge, se heurtent à la concurrence de la Chine qui propose un damas de qualité inférieure (coton et fibres synthétiques), le bazin léger. Le damas le plus demandé est le blanc, bien qu’il en existe des teints.

L’abandon des teintures naturelles                                        Pour obtenir le bazin, le damas blanc est teint en plusieurs couleurs avec différents motifsle tissu est trempé dans un bain de teinture, rincé, égoutté, retrempé… jusqu’à l’obtention de la couleur souhaitée. Le bazin est ensuite lavé à l’eau froide jusqu’à ce que les produits disparaissent complètement. Pour éviter que le tissu se déchire, on le met à sécher au soleil.

A l’origine, le bazin était teint à l’indigo naturel et les produits utilisés pour la teinture étaient la potasse à base de cendre et l’argile, très peu dangereux. Depuis les années 90, les procédés de fabrication se sont modernisés avec l’usage des teintures chimiques, de la soude caustique et de l’hydrosulfate. Une fois la teinture choisie, la soude caustique, et l’hydrosulfate sont dissous, dans une eau préalablement bouillie à plus de 190°. Ces deux produits permettent, par réaction chimique, une meilleure tenue de la teinture sur le coton.

Avec l’arrivée des teintures chimiques moins chères et plus rapides, la teinture naturelle a été abandonnée. Si les nouveaux produits permettent un travail plus rapide et donc une production plus importante avec des couleurs vives et variées, cela n’est pas sans danger pour les teinturières et l’environnement.

Le bazin, origine et histoire
Le mot  » bazin  » vient de l’italien où  » bambagia  » désigne la ouate de coton.
Le Bazin est un tissu damassé qui vient d’Angleterre, ses motifs sont tissés dès l’origine. Les premiers bazin sont très à la mode à la fin du XVIIIème siècle d’où le secret de fabrication.
Les livres d’histoire disent que ce tissu était jalousement conservé, avant d’être produit en grande quantité en france, notamment avec les entreprises de Lenoir-Dufresne (qui est devenu l’homme le plus riche du XIXe siècle avant d’être ruiné par la mise en marché d’une grande quantité de tissu). Ce tissu était alors amidonné et gauffré.
La légende dit que le premier importateur de bazin est tombé sur ce tissu par hasard lors d’un voyage en Europe. Cet importateur était en voyage d’affaires en Allemagne quand il a remarqué la beauté d’une étoffe blanche et raide dont les Allemands se servent pour fabriquer des nappes de table et des rideaux. Quand l’importateur (un malien) compris que cette étoffe pouvait se vendre en Afrique, il demanda aux fabricants d’ajouter un peu de brillant pour que le tissu ait toutes les chances de plaire à sa clientèle en Afrique.

Les différents styles de bazin : 3 styles
– Le bazin riche dit de premier choix : il se caractérise par sa technique de tissage 100% coton fin de qualité supérieur. Au contact de la teinture il dégage une brillance exceptionnelle.
– Le moyennement riche dit de deuxième choix : cette qualité est née de l’arrivée de la concurrence chinoise qui produit un bazin d’une qualité inférieure. Il coûte environ 2 fois moins cher que le bazin riche.
– Le moins riche : qualité basse pour permettre aux petits budgets de s’offrir du bazin. Il coûte jusqu’à 4 fois moins cher que le bazin riche. C’est à partir de 1980 que l’on observera ce nouveau venu : le damas chinois – de qualité nettement inférieure – il envahira l’Afrique, permettant à de nombreuses personnes plus modestes de se faire faire des boubous en bazin.

Les différentes étapes de fabrication du bazin :
La fabrication du bazin est trés compliquée comparé au tissu wax :le damassé est obtenu en tissant des fils fins obtenus avec le coton de qualité supérieure. Le fil est trempé dans un bain d’alcali pour le blanchir puis dans de la soude caustique pour lui donner du gonflant. Il est ensuite lissé à haute température et haute pression dans des cylindres souvent enduits de cire.
Le tissu est lavé, trempé dans un bain de teinture, égoutté, retrempé… jusqu’à obtenir la couleur souhaitée (plus il y a de trempages, plus la couleur est foncée). Traditionnellement, le tissu damassé est trempé dans de la gomme arabique pour lui donner son côté brillant et raide.
Le bazin n’est pas repassé mais frappé sur un billot de bois ce qui lui donne son brillant et sa raideur ; cela a occasionné un nouveau métier :  » tapeurs de bazin « .
Le costume perd de son brillant au fur et à mesure des lavages, il faut alors le retremper dans de la gomme arabique avant de le taper à nouveau.

Où est fabriqué le bazin ?
Le tissu 100% coton blanc damassé servant de base à la fabrication du bazin n’est pas produit en Afrique, mais importé principalement d’Allemagne, de République Tchéque, des Pays-Bas et maintenant de la Chine. Il est ensuite teint artisanalement, notamment au Mali.
C’est assez troublant de constater que malgré les siècles passés, il n’y a toujours pas de transfert de technologies ni de délocalisation d’usines. Le tissu 100% coton damassé servant de base à la fabrication du bazin n’est pas encore produit en Afrique. L’Afrique ne possédant pas d’usine textile adaptée à sa fabrication.

On peut donc en déduire que ces 2 tissus ne sont ni nés et ni produits en Afrique et pourtant les principaux acheteurs sont africains. Il y a plus de 120 millions de consommateurs de pagnes et cela ne cesse d’augmenter.
Depuis l’arrivée de ces tissus attractifs sur notre continent quelques entreprises et usines ont été créées, mais ce n’est toujours pas assez pour détrôner ou même contrer les mastodontes que sont les usines occidentales qui gardent le monopole sur ce marché.
Aujourd’hui force est de constater que les principaux actionnaires de ce marché de plus en plus florissants sont encore et toujours les occidentaux et les asiatiques tout en sachant que les pays tels que le Mali, le Burkina Faso, le Togo et le Sénégal produisent une partie importante du coton mondial.

Le bazin au Mali, pays de référence
Le Mali est le principal et le pays le plus réputé dans la production du bazin. A Bamako, une multitude d’ateliers de teinture prospèrent aussi bien pour la consommation locale que pour l’approvisionnement des négociants des autres pays d’Afrique de l’ouest et des importateurs du monde entier.
En effet, le pays est réputé pour la qualité et la variété de sa teinture. On y trouve les meilleures qualités de bazin importées directement d’Europe, à cela s’ajoute la créativité de la teinture artisanale.
On trouve également des productions locales plus limitées dans les autres pays notamment au Sénégal, au Ghana, en Côte d’Ivoire même si le bazin malien reste le plus réputé.
Depuis les années 80 , le bazin est devenu la tenue de cérémonie par excellence au Mali. Il a toujours été très apprécié de nos président maliens depuis des décennies et on peut encore l’observer avec notre président actuel Mr.IBK qui porte de magnifiques bazins a chaque déplacement ou entretien important.
Pour l’occasion et pour fêter l’amour des maliens pour le bazin, Bamako s’apprête à organiser un grand événement en mettant à l’honneur le bazin, du 4 au 6 septembre prochain.
C’est un évènement culturel majeur : la 1ère édition du Festi’Bazin ou festival du Bazin, une foire exposition vente mettant en valeur le Bazin malien. Il y aura des artisans, des commerçants, des créateurs de mode, des artistes et le grand public. Il est également prévu un espace culturel avec animation et restauration 24/24h pour développer l’attractivité sur le site. Le principal objectif de cet événement est la promotion de la culture malienne via le Bazin, devenu aujourd’hui un des leviers de croissance économique du pays. Il sera organisé au Centre International de Conférences de Bamako (CICB) sous le haut parrainage du ministre de la Culture, Mme N’DIAYE Ramatoulaye Diallo.

LA NUIT DU BAZIN, SIGNIFICATION ?
Cet événement qui se produit au Sénégal a été créé par le Leader du groupe Djalicounda et  » Roi du Bazin « , Djiby Dramé, né de père sarakolé et de mère mandingue. La première édition de la  » Grande nuit du bazin  » a été lancée en 2005.
La traditionnelle  » Grande nuit du bazin  » est un évènement qui s’intensifie chaque année avec les différentes tenues rivalisant d’éclat et d’originalité pour présenter l’authenticité de la mode africaine, entre thioub, bazin et gagnyla.  » C’est pour montrer l’importance du bazin qui est un boubou de notre tradition, que j’organise cette soirée « ,  » Je chante les louanges de mes fans qui, en retour, me remercient à leur manière. En dehors de cela, lorsque les fans sont contents, ils nous honorent. C’est la réalité africaine et c’est à notre plus grand bonheur. Ces pratiques ne sont pas spécifiques à la Nuit du bazin. Dans tous les autres spectacles, elles existent « 
Il est quand même assez étonnant de voir des événements de ce genre qualifiés de  » spectacles d’argent  » glorifier un tissu qui n’est pas fabriqué en Afrique.
Cependant, pour le bazin on peut quand même se dire que pour certains maliens et africains cela a permis de créer des ateliers de teintures notamment et beaucoup d’emplois pour la finition.
Néanmoins la question reste toujours la même, pourquoi mettre en avant ces tissus venus d’ailleurs au lieu de mettre en avant nos propres tissus tels que le bogolan ou le kenté de Kita ?
Chaque pays possède ces tissus, mais on en parle peu voire jamais tellement le wax et le bazin prennent de la place.

Pourquoi la plupart des africains portent ces tissus en guise de tenue traditionnelle ?                                                 On peut dire que depuis notre plus tendre enfance ces 2 tissus sont présents dans notre quotidien à chaque manifestation religieuse et culturelle. Le pagne ne représente pas seulement un morceau de tissu venu d’ailleurs, il représente beaucoup plus que ça, car l’africain en a fait son tissu de coeur et dans certains cas l’a personnalisé selon la couleur de sa nation.

La vue d’un pagne renvoie à tout Africain les images, les odeurs et les sensations de son enfance. Le pagne fait parti intégrante de l’héritage culturel de tous.
Le pagne est aussi un moyen d’expression culturelle réunissant usages et coutumes, croyances et traditions. Il est offert lors de mariages coutumiers en guise de dot. D’autre part, il est utilisé pour renforcer les liens qui unissent les membres d’un groupe lors des cérémonies marquant la vie de la communauté telles que les baptêmes, les mariages ou les enterrements. Certains dessins font même l’objet de commandes spéciales liées à un événement : il n’est pas rare de créer un pagne dédié à l’anniversaire d’un Chef d’Etat, à la Fête de l’Indépendance ou à la Fête des Mères.

La face cachée du bazin

Bamako est la capitale de la teinture artisanale en Afrique de l’Ouest. Les motifs des étoffes sont obtenus à l’aide de différents procédés de réserve par nouage, couture ou empâtement du tissu. Cet artisanat se fonde sur la tradition tinctoriale à l’indigo naturel pratiquée depuis des siècles dans cette région d’Afrique.

Aujourd’hui, la teinture naturelle a été abandonnée au profit des teintures chimiques certes moins chères et plus rapides mais beaucoup plus toxiques pour les teinturières et l’environnement.

Impact de la teinture sur l’environnement et la santé des teinturières                                                                                  Les premiers produits incriminés sont la soude caustique, et l’hydrosulfite, indispensables à la réalisation de la teinture : l’ajout de ces deux produits dans le processus est essentiel car ils vont permettre au colorant de se dissoudre et de pénétrer le tissu, le lavage dans l’eau fixant ensuite le colorant par oxydation.

Il est difficile de connaître la nature chimique exacte des colorants utilisés car ils sont reconditionnés sous forme de petits sachets plastiques et vendus sous le nom de la couleur qu’ils représentent, sans aucune étiquette. Les teintures chimiques contiennent des métaux lourds (plomb, Nickel, cadmium… reconnus hautement toxiques pour l’homme et l’environnement), des colorants azoïques (interdits en Allemagne depuis 1996. Depuis 2003, les colorants azoïques dans les articles en tissu et en cuir en contact avec le corps humain sont interdits dans l’Union Européenne car jugés cancérigènes), du formaldéhyde et du chlore, produits qui peuvent libérer des substances cancérigènes sous l’effet de la transpiration ou présenter des risques d’irritations et d’allergies.

Les pays d’origine de ces produits, l’Allemagne, la Chine ou le Nigéria, sont parfois accusés de se débarrasser de produits aujourd’hui interdits chez eux.Tous ces produits toxiques se retrouvent dans le tissu donc sur votre peau, mais également dans la nature où sont déversées les eaux de rinçage.

La plupart des teinturiers sont des femmes. Elles ont conscience de la nocivité des produits utilisés. Pour se protéger, Mme Fofana Anna Maiga, teinturière à Daoudabougou depuis 22 ans explique : « Nous consommons presque tous du lait à la fin de la journée pour éviter des problèmes de gorge. Nous portons également des masques, des lunettes et des bottes de protection ». Mis à part le port de gants qu’elles remplissent souvent d’eau fraîche afin d’éviter toute brûlure, ces précautions ne sont pas toujours respectées…, voire jamais.

Soude caustique et hydrosulfite peuvent provoquer de graves brûlures et attaquer les voies respiratoires en cas d’inhalation.

Le bazin, une étoffe riche
Seulement 18% des teinturiers se protègent. 5% meurent chaque année par inhalation et 4% de maladies respiratoires.

Ces produits ont des impacts aussi bien au niveau environnemental (pollution des sols, des eaux et notamment du fleuve Niger), sociétal (pollution des puits voisins rendant l’eau impropre à la consommation) et médical (risque pour les teinturières qui n’adoptent pas les moyens de protections nécessaires).

Tapeur de bazin, un métier difficile et mal payé              Une fois teint, le Bazin est trempé dans de la gomme arabique, puis frappé sur un billot de bois à l’aide de maillets en bois de Karité d’au moins 2 Kg. Les fibres sont ainsi resserrées, le coton devient rigide, brillant et insalissable, la saleté ne pouvant accrocher. Cette étape très physique est réalisée exclusivement par des hommes, les « Finigochila » ou « tapeurs de bazin » .

Les tapeurs apprêtent le tissu en lui assenant de grands coups de masse en bois.
Le costume perd de son brillant au fur et à mesure des lavages, il faut alors le retremper dans de la gomme arabique et le taper à nouveau. En raison du coût exorbitant des tenues de bazin neuves, de nombreuses personnes préfèrent porter des anciennes tenues qu’elles ont fait taper.

Parce qu’ils sont mal payés, les tapeurs de bazin doivent travailler sans relâche. Débordés pendant la période des fêtes musulmanes (Tabaski), les tapeurs sont souvent obligés de se droguer pour travailler nuit et jour. Ils sont soumis à une exposition prolongée à un environnement sonore élevé qui peut provoquer une altération temporaire ou définitive de l’ouïe. Le bruit a d’autres effets indirects sur la santé: il augmente la fatigue, les risques d’hypertension artérielle, les troubles digestifs, la nervosité et le stress, il perturbe le sommeil et diminue l’attention.

 Le premier impact négatif de bazin sur l’environnement est l’utilisation du bois pour chauffer l’eau

Le second impact environnemental concerne la pollution des eaux et du sol par les eaux de rinçage. En effet, 11% des teinturières travaillent au bord du fleuve Niger et déversent directement leurs eaux dans le fleuve. Les autres travaillent chez elles ou se regroupent dans les quartiers à proximité de leur domicile. Les eaux de teinture sont alors directement jetées dans la rue ou les collecteurs pluviaux (caniveaux).

Ces liquides qui contiennent des produits dangereux pour la santé des Hommes vont pénétrer dans le sol et polluer les eaux souterraines. Or, ce sont ces eaux souterraines qui alimentent les puits des concessions, les puisards des et certaines nappes phréatiques trop polluées ne sont plus réutilisables. L’air est désagréable à respirer et irrite la gorge. Le manque de système de collecte d’eau entraine des ruissellements ou la stagnation des eaux usées qui abiment les rues et rendent difficile la circulation.

Le bazin, une tenue pour se mettre en scène                      En Afrique et au Mali, on accorde une très grande importance aux vêtements et à l’apparence en général : ainsi hommes et femmes n’hésitent pas à dépenser des sommes faramineuses (quel que soit le niveau social) pour s’emparer du nouveau modèle de bazin à la mode. Le bazin, grand boubou, est le must have de toutes femmes d’Afrique de l’Ouest qui se respectent. Le bazin est également devenu un matériau utilisé par les stylistes de mode.

Par le travail qu’il crèe et demande, le bazin gènére de la valeur économique et sociale. En effet, la teinture artisanale, la couture et la broderie du bazin donnent de la valeur au tissu. De ce fait, les couturiers maliensredoublent d’ingéniosité et de créativité pour valoriser le bazin blanc ou teint. Le phénomène a pris plus d’ampleur avec les griottes et autres artistes qui mettent en valeur ce bazin, avec des créations qui sont imitées par les nombreux fans, notamment les femmes d’ici, de la sous-région et de la diaspora. Les émissions musicales sont fort prisées à l’intérieur et à l’extérieur du pays à cause des modèles qu’on y voit et qu’on peut commander lorsqu’on en a les moyens et l’opportunité.

Le bazin, pas si propre côté coulisses                                    S’il est difficile de déterminer le nombre d’emplois générés par la filière du Bazin du fait du caractère informel de cette activité, les autorités s’accordent pour dire qu’elle occupe une place importante dans l’économie de la capitale. En effet, les différentes étapes ne nécessitent pas de compétences particulières et le métier s’apprend rapidement, permettant aux personnes peu qualifiées de trouver un emploi. Ceci combiné à la forte demande pour ce tissu, notamment au moment des fêtes, explique la progression très rapide du nombre d’artisans dans ce domaine. Les seules teinturières sont estimées à plusieurs milliers aujourd’hui contre quelques centaines en 1994.

Teinturières travaillant sans protection                                    La plupart des teinturières exercent cette activité de manière informelle et sont donc peu organisées. Elles travaillent en petits groupes dirigés par une patronne mais souvent sans avoir de statut particulier et dans des conditions qui mettent en danger leur santé. L’absence de lieu légal pour effectuer la teinture pousse les teinturières qui ne possèdent pas suffisamment de place pour faire leur travail à l’intérieur de leur concession, sont obligées de travailler dans les rues ou sur les bords du fleuve : elles sont donc régulièrement expulsées par les autorités. Les conditions sociales et sanitaires des métiers de teinturières mais aussi des « tapeurs de bazin », l’impact négatif de la teinture sur les femmes et leur environnement sont des données à prendre en compte pour un développement bénéfique de cette activité.

Le coût économique du bazin pour le Mali                               Le bazin est un produit fabriqué à l’étranger (à partir du coton produit au Mali ?) où il crée la richesse et les emplois. Il est importé par les commerçants maliens qui le revendent aux commerçants des pays de la sous-région qui viennent se procurer du bazin au Mali. Pourquoi les commerçants de la sous-région viennent-ils s’approvisionner au Mali en bazin blanc quand ils pourraient l’importer directement chez eux ? Parce qu’il leur revient moins cher de l’acheter au Mali que de l’importer directement chez eux. Pourquoi le bazin serait-il moins cher au Mali, pays continental, quand le prix de vente fournisseur reste le même et que les tarifs de dédouanement sont à peu équivalents dans tous les pays de l’UEMOA ? Pourquoi Sénégalais, Ivoiriens et Guinénens achèteraient le bazin moins cher au Mali alors que les frais de transport devraient rendre le produit moins compétitif ?

Puisque le prix d’achat et les frais de dédouanement sont à peu près équivalents et si nous suivons la logique économique et douanière, le bazin devrait être vendu plus cher au Mali que dans les pays voisins disposant de ports. La seule explication possible reste l’entrée frauduleuse du bazin sur le territoire malien et donc la défaillance (restons polis…) des services douaniers.

Ainsi, les commerçants maliens et ceux des pays voisins (et les douanier peut-être?) profitent de la fraude pour s’enrichir tandis que le manque à gagner pour le Mali est considérable en termes de recettes douanières. En effet, le bazin est considéré comme un produit de luxe et à ce titre, il est soumis à une taxation forte.

Quand au bazin teint par les femmes, il est vendu de façon informelle, ce qui permet d’échapper aux contrôles des services sociaux, sanitaires, environnementaux et fiscaux.                                                                                                                      Sources: http://amiandco.com/socioeco.htmlwww.black-feelings.com/accueil/detail-actualite/article/wax-et-bazin-quand-les-africains-sapproprient-une-production-venue-dailleurs/; https://fr.wikipedia.org/wiki/Bazin_(tissu)