Dépouillement du vote dans un bureau à Johannesburg
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Le compte à rebours pour la mise à l’épreuve de l’ANC a commencé en Afrique du Sud.

Le président Cyril Ramaphosa espère empêcher une débâcle électorale au Congrès national africain (ANC) au pouvoir en Afrique du Sud depuis 25 ans.

Avec des résultats déjà connu dans environ 23% des districts du pays, l’ANC a remporté environ 55% des suffrages, devant le Democratic Alliance (opposition).

Le parti au pouvoir avait remporté 62 % du suffrage exprimé lors des dernières élections en 2014.

Les difficultés économiques, les tensions autour de la réforme agraire et l’insécurité galopante ont sans doute érodé le capital sympathie de l’ANC auprès des électeurs.

Pourquoi le président s’est-il excusé ?
Le président Ramaphosa a reconnu qu’une « corruption endémique » gangrène l’Afrique du Sud ces dernières années.

« Nous avons commis des erreurs, mais nous sommes désolés pour ces erreurs. Nous invitons le peuple à nous renouveler sa confiance », a-t-il déclaré.

Le président Ramaphosa est arrivé au pouvoir l’année dernière en promettant de s’attaquer au problème, mais certains électeurs associent encore le parti à la corruption qui s’est développée sous son prédécesseur, Jacob Zuma.

M. Zuma est poursuivi pour de nombreuses accusations de corruption, mais il a nié tout acte répréhensible.

L’ANC, qui a mené la lutte contre l’apartheid, gouverne le pays depuis 1994.

L’Alliance démocratique (DA) parti centriste et les Combattants pour la liberté économique (EFF) de l’extrême gauche, qui ont remporté 8% des suffrages sur la base des premiers résultats officiels, s’opposent farouchement à l’ANC.

Pourquoi l’ANC est en perte de vitesse ?
Les jeunes qui font la queue pour voter sont longuement revenus sur leurs difficultés à trouver un emploi, avec un taux de chômage estimé à 27%.

Les difficultés économiques expliquent en grande partie le fait que la magie de l’ANC n’opère plus.

« Je suis membre de l’ANC mais je n’ai pas voté pour eux cette fois-ci », a déclaré Thabo Makhene, un ouvrier du bâtiment à l’agence de presse Reuters.

« Ils ont besoin de se réveiller. La façon dont ils gèrent l’Etat, la mauvaise gestion des fonds de l’Etat, ils ont perdu toute leur moralité. »

Cependant, de nombreux électeurs sont restés fidèles à l’ANC.

https://www.bbc.com/afrique/region-48213158