Des combattants du PKK sur une route dans les montagnes Qandil dans le Kurdistan irakien le 22 juin 2018.
AFP PHOTO/SAFIN HAMED
Par RFI Publié le 19-07-2019 Modifié le 19-07-2019 à 20:47

La Turquie riposte après l’assassinat de son vice-consul au Kurdistan irakien. Le diplomate turc a été tué dans une fusillade ce mercredi 17 juillet alors qu’il se trouvait dans un restaurant d’Erbil, la capitale de cette région autonome kurde d’Irak. Il n’y a pas eu de revendication. Mais en réponse à cet attentat, Ankara a décidé de lancer une opération aérienne qui a visé son ennemi juré : le PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan.

Même si le PKK affirme n’avoir aucun lien avec l’attentat, même si la Turquie n’a pas officiellement désigné le groupe armé turc comme responsable de cette attaque, l’aviation turque a visé vendredi matin au Kurdistan irakien des bases-arrières du PKK. Des grottes et des abris ont été détruits.

Le ministre de la Défense turc a parlé de cette opération aérienne comme étant « la plus étendue » lancée contre les Kurdes turcs du PKK. Les avions ont ciblé la région montagneuse de Qandil, dans le nord de l’Irak et auraient fait trois blessés selon les médias kurdes.

Ce raid aérien s’inscrit dans une vaste campagne d’Ankara contre le Parti des travailleurs du Kurdistan, en cours depuis mai dernier, sur le sol du Kurdistan irakien. La Turquie, comme les Etats-Unis et l’Union européenne, considère le PKK comme une organisation « terroriste ».

■ Le tueur présumé du vice-consul turc est un Kurde de Turquie

Après la fusillade de mercredi, les autorités locales affirment avoir identifié le tireur. Il s’agirait d’un Kurde originaire de Turquie, présenté comme le frère d’une députée d’opposition au Parlement turc.

Il s’appellerait Mazlum Dag, né en 1992 à Diyarbakir, province à majorité kurde du sud-est de la Turquie, rapporte notre correspondante à Istanbul, Anne Andlauer. C’est en tout cas ce qu’affirme le contre-terrorisme du Kurdistan d’Irak, qui a diffusé sa photo sur un avis de recherche en qualifiant la fusillade d’acte « terroriste ».

Les médias turcs l’ont rapidement identifié comme un membre du PKK et comme l’un des frères d’une députée du parti pro-kurde légal, le HDP. Toujours selon les médias turcs, deux autres membres de cette fratrie auraient rejoint le PKK, qu’Ankara combat depuis 35 ans. De son côté, le HDP a déploré qu’une de ses élues soit « désignée comme cible à cause de son frère » et a condamné « avec force » la fusillade d’Erbil.

Les autorités turques, qui auraient envoyé sur place une équipe d’enquêteurs, n’ont pas encore désigné nommément les responsables de l’attaque. Mais elles considèrent le PKK comme le principal suspect.