La police charge les manifestants à Hong Kong près du Parlement local, lundi 1er juillet. AFP
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FRANCE 24    Première publication : 01/07/2019 – 15:40 Dernière modification : 01/07/2019 – 21:08

Alors que Hong Kong commémore le 22e anniversaire de sa rétrocession à la Chine, la police est intervenue pour reprendre le contrôle du parlement qui avait été envahi par des manifestants.

La police anti-émeute de Hong Kong a repris, lundi 1er juillet, dans la nuit, le controle du parlement local, qui avait été envahi par des opposants au gouvernement pro-Pékin un peu plus tôt dans la journée. Ces derniers ont quitté le Conseil législatif (LegCo), pendant l’operation des forces de l’ordre.

L’envoyé spécial de France 24, Charles Pellegrin, présent sur place, raconte que « la police antiémeute contrôle maintenant entièrement le périmètre. Tous les manifestants ont été évacués. Des policiers vérifient l’immeuble salle par salle, chambre par chambre pour voir s’il ne reste pas des opposants. Tout est fait de manière très méthodique. L’évacuation s’est fait très rapidement, en 20 minutes il n’y a avait plus grand autour et dans le bâtiment. »

Pour accéder à l’enceinte, les officiers ont tiré des gaz lacrymogènes et chargé des manifestants. Les policiers, en nombre, équipés de casques, matraques et boucliers, ont chargé après avoir lancé des avertissements à la foule des manifestants.

Le drapeau de l’époque coloniale britannique déployé dans le Parlement

L’intervention de la police s’est produite plusieurs heures après l’envahissement du Parlement par un groupe, composé principalement d’étudiants casqués et masqués. Le drapeau de l’époque coloniale britannique a été déployé à l’intérieur de l’hémicycle du Parlement, dont les murs ont été tagués de slogans par des manifestants. Auparavant, des dizaines de personnes masquées, pour beaucoup brandissant des boucliers de fortune, ont brisé des baies vitrées puis pénétré dans le Conseil législatif (LegCo), dont ils tentaient de forcer l’entrée depuis des heures.

Les protestataires voulaient exprimer leur colère contre le projet de loi facilitant les extraditions vers la Chine continentale, que l’exécutif hongkongais a suspendu sous la pression de la rue sans toutefois le retirer complètement.

Pour Jean François Dufour, directeur de DCA Chine analyse, interrogé sur l’antenne de France 24, la nature de l’opération menée par les manifestants pose question : « les activistes qui se sont introduits dans le parlement sont peu nombreux mais très déterminés et organisés. On peut se poser la question d’une opération pilotée depuis l’extérieur » pour donner une mauvaise image du mouvement. Le chroniqueur de France 24 Baptiste Fallevoz, spécialiste de la Chine, va dans le même sens, affirmant qu’il existe une possibilité d’infiltration des manifestations par le gouvernement chinois même s’il faut reconnaitre « une vraie volonté de porter un combat politique du côté des manifestants ».

Les incidents ont éclaté peu avant le début d’une grande manifestation pro-démocratie organisée pour le 22e anniversaire de la rétrocession de l’ex-colonie britannique à la Chine, le 1er juillet 1997.

Le gouvernement a demandé la fin immédiate des violences, rappelant que l’examen du projet de loi contesté était suspendu. Les travaux prévus mardi au Conseil législatif ont été annulés « pour des raisons de sécurité ».

L’exécutif hongkongais a suspendu le mois dernier la mise en oeuvre de la loi mais la contestation se poursuit pour demander l’abandon définitif du projet et appeler à la démission de Carrie Lam, qui dirige le gouvernement local.

Avec AFP et Reuters