Tariq Ramadan AFP archives
Texte par : RFI
Publié le : 13/02/2020 – 23:49

Déjà inculpé depuis février 2018 pour deux viols, Tariq Ramadan a été mis en examen pour le viol de deux autres femmes, à l’issue d’un interrogatoire d’environ cinq heures au Tribunal de Paris, jeudi 13 février. Libre depuis novembre 2018 après plus de neuf mois de détention, l’islamologue suisse, qui conteste toutes ces accusations, reste placé sous contrôle judiciaire.

Tariq Ramadan est désormais mis en examen pour le viol de quatre femmes. Déjà poursuivi depuis février 2018 pour deux viols, l’islamologue a été mis en examen, jeudi 13 février, pour les viols de deux autres femmes, identifiées grâce à des photos retrouvées sur son ordinateur.

Entendues comme témoins en février 2019, elles avaient raconté qu’elles avaient été entraînées, l’une en 2015, l’autre en mars 2016, dans une relation sexuelle brutale par un homme décrit comme « manipulateur » et exerçant sur elles une « emprise » via un rapport « dominant-dominé ». Mais elles ne s’étaient pas constituées partie civile.

L’une d’elles a finalement porté plainte récemment contre Tariq Ramadan, devenant la cinquième femme en France à le faire. Devant les enquêteurs l’an passé, elle avait concédé « une relation consentie », tout en soulignant : « C’est d’un autre ordre qu’un viol physique, il y a un viol moral. » Et d’ajouter : « Il faudrait une autre infraction pour ce genre de personnes. »

Me Emmanuel Marsigny, avocat de Tariq Ramadan, dénonce « une volonté de poursuivre [son client] coûte que coûte, et contre les évidences ». « Il vient d’être de nouveau mis en examen alors que la première femme visée a elle-même déclaré que les relations étaient consenties et que l’autre femme ne s’est jamais plainte de leurs deux rencontres », a-t-il indiqué à l’AFP.

Le dernier interrogatoire de Tariq Ramadan remontait à octobre 2018. Après des mois de dénégations, il avait alors reconnu des rapports sexuels avec ses deux premières accusatrices – celles qui avaient porté plainte en 2017 – mais des rapports « consentis » selon lui. Le mois suivant, il avait été libéré sous caution, avec interdiction de quitter la France.