Jacques Chirac et Mobutu Sese Seko à Kinshasa, RDC (Zaïre), le 17 juillet 1985.
septembre 26, 2019
Nastasia Peteuil
Claire Morin-Gibourg
VOA

Ce jeudi, Jacques Chirac est décédé à l’âge de 86 ans. Sur le continent africain, de nombreux chefs d’Etat et d’hommes politiques se sont rappelés avec émotions ses années présidentielles. Surnommé « l’Africain », retour sur son héritage en Afrique.

Président de 1995 à 2007, Jacques Chirac avait frappé les esprits en s’opposant en 2003 à la guerre en Irak provoquée par les Etats-Unis. Il aimait particulièrement le continent africain et il a eu des relations privilégiées avec nombre de présidents africains.

Pour le professeur d’histoire africaine à l’Université Columbia de New York, Mamadou Diouf, « on l’appelait Chirac l’Africain pour deux raisons : d’abord,
pour ses amitiés africaines, il avait beaucoup d’amis en Afrique, au Sénégal notamment avec l’ancien maire de Dakar, ensuite pour son intérêt autour des arts africains ».

Lors du sommet France-Afrique de janvier 2001, à Yaoundé, l’ex président français avait prononcé son célèbre discours aux journalistes en réponse à l’épiscopat qui voulait que Chirac s’éloigne des dictatures africaines : « Nous avons saigné l’Afrique pendant quatre siècles et demi. Ensuite, nous avons pillé ses matières premières ; après, on a dit : ils (les Africains) ne sont bons à rien. Au nom de la religion, on a détruit leur culture et maintenant, comme il faut faire les choses avec plus d’élégance, on leur pique leurs cerveaux grâce aux bourses. Puis, on constate que la malheureuse Afrique n’est pas dans un état brillant, qu’elle ne génère pas d’élites. Après s’être enrichi à ses dépens, on lui donne des leçons. »

Six ans plus tard, lors du sommet franco-africain de 2007, Jacques Chirac réitérait : « J’aime l’Afrique, ses territoires, ses peuples et ses cultures. Je mesure ses besoins, je comprends ses aspirations. »

Pour l’Afrique, Jacques Chirac a annulé certaines dettes, le Nigeria étant l’un des premiers à en bénéficier. M. Chirac a aussi soutenu et poussé l’élection de Kabila en RDC. « Le carré français en Afrique reposait sur le soutien des dictateurs. La France n’était pas, si vous voulez, dans une dynamique de la démocratisation », défend Mamadou Diouf.

Parmi les autres initiatives prises, on se souvient de la « taxe Chirac », une taxe sur le billet d’avion pour alimenter le Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Jacques Chirac était aussi le porte-parole de l’Afrique à l’ONU. Réciproquement, les pays africains ont largement soutenu en 2003, sa position sur la guerre en Irak.

M. Chirac avait tissé des relations personnelles et chaleureuses avec la plupart des dirigeants francophones, notamment avec le Congolais Denis Sassou Nguesso, le Gabonais Omar Bongo, le Sénégalais Abdou Diouf, et le Camerounais Paul Biya.