Benyamin Netanyahu et Benny Gantz lors d’une cérémonie en l’hommage de l’ex-président Shimon Peres, à Jérusalem, le 19 septembre 2019 (image d’illustration).
GIL COHEN-MAGEN / AFP 

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Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu et son rival Benny Gantz ont, chacun de leur côté, appelé, ce jeudi 19 septembre, à former un gouvernement d’union nationale. Bleu-blanc a rapidement rejeté la proposition de Netanyahu.

C’est par son moyen de communication favori, les réseaux sociaux, que Benyamin Netanyahu s’est adressé à son principal rival, écrit notre correspondant à Jérusalem, Guilhem Delteil. Trente-six heures après les législatives de mardi qui ont laissé le pays sans majorité claire, le Premier ministre israélien sortant a invité Benny Gantz à une rencontre pour discuter de la formation d’un gouvernement d’union nationale. Un appel à un gouvernement de même nature qu’a également lancé de son côté Benny Gantz avant une réunion des cadres de son parti Bleu-blanc, ce jeudi à la mi-journée : « Les Israéliens veulent un gouvernement d’union (…). Je vais former ce gouvernement avec moi à sa tête » a-t-il déclaré, cité par l’AFP.

Netanyahu a reçu les dirigeants de la droite

Pour sa part, et avant de lancer son appel à un gouvernement d’union nationale, Benyamin Netanyahu avait une nouvelle fois reçu les dirigeants des partis de droite ce jeudi dans la matinée. Tous ont signé un document dans lequel ils s’engageaient à n’entrer dans un gouvernement que tous ensemble. Et qui précise que leur candidat au poste de Premier ministre est Benyamin Netanyahu.

Le chef du gouvernement sortant voulait ainsi se présenter non comme le dirigeant de son seul parti – le Likoud, arrivé en deuxième position uniquement lors des élections législatives – mais comme le chef de file de tout un camp politique au Parlement, soit plus que Benny Gantz et le bloc de centre gauche sans les partis arabes.

Manœuvre politique

Cette invitation à créer un « gouvernement d’union aussi large que possible » lancée dans la foulée de l’engagement des partis de droite n’est pas une concession de Benyamin Netanyahu. En dictant les termes de la négociation : créer un gouvernement de droite incluant les partis religieux, il sait que Benny Gantz allait rejeter son offre. Mais il tente ainsi de se défausser de la responsabilité de l’impasse actuelle afin de convaincre quelques élus Bleu-blanc de le rejoindre. En clair, faire éclater la formation de son rival pour obtenir une majorité. Mais cette stratégie avait échoué en mai dernier.

Pas de majorité évidente

Deux jours après les législatives, les résultats disponibles mais encore provisoires donnés par l’AFP créditent le Likoud de M. Netanyahu de 31 sièges sur les 120 de la Knesset, contre 33 pour le parti Kahol Lavan (Bleu-blanc) de l’ancien général Benny Gantz. En ajoutant leurs alliés respectifs et potentiels, des partis religieux et/ou très marqués à droite pour M. Netanyahu, et des formations à gauche ou arabes pour M. Gantz, le compteur passe à 56 députés dans chaque camp, sous la barre des 61 sièges nécessaires pour obtenir une majorité au Parlement.