Mbi la gué reprend du service comme nous l’avions annoncé tantôt !
L’on ne sait pourquoi et ne comprendra jamais comment l’on essaye tous les jours d’hacker le site. Nous avons eu beaucoup de difficultés à le récupérer. Aujourd’hui c’est chose faite et nous nous excusons pour ce long silence.
Mais c’est reparti pour un tour et pour ce premier de l’année 2022, nous avons le plaisir de vous relater nos échanges avec ce jeune Centrafricain, très talentueux dans tout ce qu’il entreprend.
Il s’appelle Emmanuel BEGOTO GONDJE, Expert en Communication et Chef d’entreprise. Suivons-le.

Bonjour pouvez-vous vous présenter pour nos lecteurs s’il vous plaît ?
À l’état civil je suis Emmanuel BEGOTO GONDJE, Expert en communication et Chef d’entreprise. J’aime
dire « je viens de la Centrafrique ». Étant au Maroc, j’interviens dans le web : création de sites,
applications et leurs contenus, l’incubation des web entrepreneurs et la formation en audiovisuel.

Qu’est-ce qui vous a emmené dans le domaine de l’informatique, du net ?
Je suis naturellement curieux et créatif (je le dis avec humilité). Mes découvertes au lycée scellaient
déjà mon choix. Pour tout vous dire, au lycée j’étais fasciné par l’ordinateur ! Les résultats que j’avais
en termes graphiques, traitement de textes, MS Access me poussaient à explorer le numérique. C’est
ainsi qu’après le bac, j’ai choisi le développement informatique.

Et qu’est-ce qui vous a emmené dans le domaine du cinéma ?
Le cinéma c’est d’abord permissif. Entre écrire des histoires et les réaliser, la frontière était mince. En
tout je soupçonne l’écriture… Elle m’a charrié au cinéma sans gros efforts. En plus, l’usage des
programmes informatiques en matière de post-production ont soutenu l’envie. J’ai dû me former sur
tous les aspects de la réalisation. Enfin, tout ce qui va à la pré-production, la production en elle-même et la post-production.

Comment voyez-vous le cinéma en Afrique et en Centrafrique pour le 30 prochaines années ?
Le cinéma africain sera un puits pour le streamining. Au fur et à mesure de grandes plateformes
comme Prime et Netflix, s’intéressent aux créateurs d’Afrique. Il y a là une lecture à faire quant au
potentiel. Le cinéma en Afrique a des histoires inconnues du public occidental. Je dirais pour la
plupart et cela est un pari de surprises et découvertes. Le cinéma en Centrafrique, sans doute
connaitra la maturité. Maintenant quelle maturité je ne saurais dire. J’ai bel espoir que les choses
vont beaucoup s’améliorer à ce moment-là. Notamment au niveau de son identité, ses codes, son
ancrage local, sa façon de communiquer qui restent à définir.

Comment voyez-vous le numérique en Afrique et en Centrafrique dans une dizaine d’années ?
Dans 10 ans, le numérique va impulser l’économie en Afrique. La démographie et la jeunesse du
continent seront autant de chances ! On est sans ignorer que le digital, le « webmobile » se reposent
sur le dynamisme de la jeunesse, et son envie d’embrasser la nouveauté. De nouveaux modèles
économiques inciteront mieux à l’entrepreneuriat. En Centrafrique, dans 10 ans, nous aurons à
évaluer notre culture du web ; ce qui est déjà une réalité ailleurs. J’épargne les coupures d’électricité,
il reste l’envie de s’ouvrir aux nouveautés. Il y a à regretter quand les smartphones servent qu’aux
réseaux sociaux. Les achats et paiements en ligne ne sont pas encore culturels. Les acteurs du digital
sont encore en reste face aux défis locaux. Dans 10 ans, l’habitude des usagers pourra bouger vers
d’autres expériences à visées économiques.

Parlez-nous un peu de la jeunesse centrafricaine, ce groupe auquel vous appartenez et quel avenir pour elle?
La jeunesse centrafricaine est victime d’injustices. Elle est abusée par les guerres qu’on lui impose.
Je me rappelle des mutineries et coups d’État dans lesquels on a grandi. On est tentés de dire que ce
pays n’offre aucun rêve à ses jeunes. Mais il faut avancer ! C’est un impératif. Quelqu’un a dit « un
peuple mérite les hommes qui le dirigent ». Le constat que je fais est le suivant : la jeunesse étonne
par son refus de tirer des leçons du passé. Les relents du tribalisme ont la peau dure. Entre les
jeunes, l’intégration dans divers domaines le prouve. À cela s’ajoute la légèreté des débats qui
s’animent ici et là. Je m’aperçois que beaucoup sont nostalgiques de tel ou tel régime. Quand la
jeunesse est nostalgique, ça devient craintif sur plusieurs versants. Cela démontre la difficulté de la
nation à se réinventer, in fine à mieux faire que le passé. Il faut de la résilience, le sens d’actions,
l’émancipation d’avec le passé. Je suis loin d’être pessimiste mais, si nous jeunes, ne romprons avec
la manipulation, le tribalisme, la démagogie et l’ignorance, nous ne ferons pas mieux que ceux que
nous relèverons.

Et la politique en général en Afrique et en Centrafrique en particulier ?
Incapable d’analyser correctement. Entrepreneur de mon état, j’aurais souhaité m’informer des
actualités en la matière.

Un dernier mot ?
Merci à vous, bon vent à MBI LA GUE.

C’est moi qui vous remercie!

                           Lydie NZENGOU KOUMAT GUERET